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Le gouvernement Barnier : critiques de la gauche face à une « trahison »
Publié le 20 septembre 2024 à 12h05
La composition du gouvernement Barnier, présentée jeudi par Michel Barnier au président Emmanuel Macron, suscite de vives réactions au sein de la gauche. Ce vendredi 20 septembre, plusieurs figures politiques ont exprimé leur indignation, dénonçant une « extrême-droitisation » et une « trahison du vote des Français ».
Des ministres issus de la droite et du centre
La liste des 38 ministres proposée par Barnier est majoritairement composée de personnalités macronistes et républicaines. L’ancien président socialiste François Hollande s’est interrogé : « Pourquoi y a-t-il eu une dissolution si c’est pour avoir à peu près les mêmes, plus à droite encore ? » Pour lui, ce nouveau gouvernement ne reflète pas le résultat des législatives et représente plutôt une « Restauration ».
Critiques au sein de la gauche
Mathilde Panot, cheffe des députés de La France Insoumise (LFI), a également critiqué la situation, affirmant que le gouvernement Barnier « recycle tous les perdants de cette élection » et témoigne d’une « extrême-droitisation de la Macronie ». Elle a déclaré sur TF1 que cela constituait « l’alliance des perdants », soulignant que de nombreux partis ayant obtenu des résultats médiocres étaient représentés.
Jérôme Guedj, député socialiste, décrit cela comme un « gigantesque remaniement », ajoutant que « la Macronie va continuer à gouverner avec les Républicains », et concluant que cela marquerait selon lui la « fin du macronisme ».
Des nominations controversées
Parmi les nominations discutables, Bruno Retailleau à l’Intérieur et Laurence Garnier à la Famille ont été particulièrement critiqués. Mathilde Panot a accusé Retailleau de « racisme » en raison de ses déclarations concernant les origines ethniques dans les banlieues suite aux émeutes de juin 2023. Laurence Garnier, quant à elle, est décriée pour son opposition à la constitutionnalisation de l’IVG et sa participation à la Manif pour tous, des actions considérées comme provocatrices par de nombreux élus de gauche.
Une tentative de rassemblement infructueuse
Michel Barnier a tenté d’inclure des personnalités de gauche dans son gouvernement, mais ces efforts n’ont pas abouti. Philippe Brun, socialiste, a refusé une proposition de ministre, déclarant que le gouvernement était composé « ultra-minoritaire de ceux qui ont perdu les élections ».
Seule une figure de gauche, Didier Migaud, ancien socialiste et président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), serait envisagée pour une éventuelle intégration au gouvernement, bien que des voix critiques s’élèvent contre cette éventualité.