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Le Conseil d’État interdit la vidéosurveillance algorithmique à Nice

par Marie
France

Le Conseil d’État a confirmé, vendredi 30 janvier 2026, l’interdiction « en l’état actuel de la loi » de la vidéosurveillance algorithmique mise en place par la ville de Nice à l’entrée des écoles. Selon la plus haute juridiction administrative française, si la vidéosurveillance sur la voie publique peut être envisagée, le code de la sécurité intérieure n’autorise pas l’utilisation d’algorithmes pour analyser de manière systématique et automatisée les images collectées. En 2020, Nice, dirigée par Christian Estrosi, avait déployé ce dispositif visant à repérer les véhicules stationnant devant 144 écoles et à déclencher une alerte auprès de la police municipale lorsque nécessaire. Cette décision survient alors que Nice est régulièrement citée pour son parc de caméras et pour ses expérimentations technologiques, autour de la détection de départs de feu ou de dépôts sauvages.

Le cadre juridique et la décision du Conseil d’État à Nice

La décision s’appuie sur le principe que les traitements algorithmiques des données à caractère personnel visant à détecter en temps réel la présence de véhicules devant des établissements scolaires ne peuvent être justifiés sans texte légal clair. Le Conseil d’État rappelle que « aucun texte n’autorise la mise en œuvre de tels traitements », et souligne que la sécurité publique ne peut pas légitimer des analyses automatiques des personnes sur la voie publique lorsque la loi n’en prévoit pas l’usage. Cette ligne avait déjà été défendue par les autorités lors des échanges de mai 2020, lorsque la CNIL avait demandé à la mairie de désactiver le dispositif.

Vue générale d'une caméra de surveillance installée à Nice
Vue générale d’une caméra de vidéosurveillance à Nice

Le texte rappelle aussi que Nice se présente comme la « championne de la vidéosurveillance » avec un parc d’environ 5 000 caméras et qu’elle poursuit des expérimentations visant à gérer le flux d’images pour repérer des départs de feu et des dépôts d’ordures, faute de pouvoir engager des milliers d’agents devant les écrans. En outre, il est rappelé que la mise en œuvre du dispositif s’inscrivait dans un cadre controversé et que l’opposition locale et des associations, comme la Ligue des droits de l’homme, contestaient son efficacité et sa finalité.

La décision du Conseil d’État intervient alors que Nice avait justifié ce système par des objectifs de sécurité et d’anticipation. Or, selon le jugement, aucun texte n’autorise le recours à des traitements qui automatisent l’analyse des personnes sur la voie publique pour des fins de contrôle ou d’alerte, ce qui conduit à une interdiction pour l’usage tel qu’envisagé par la ville. Face à cela, les autorités locales et les partisans de l’innovation technologique devront réévaluer les outils déployés et leur cadre juridique afin d’assurer une sécurité publique compatible avec les libertés publiques.

Réactions locales et enjeux pour Nice et les municipalités

Au niveau local, la décision est perçue comme une clarification du cadre légal et comme un avertissement pour d’autres villes qui pourraient explorer des systèmes similaires. L’analyse des autorités et de certains élus diverge sur le degré d’encadrement nécessaire; certains plaident pour une ouverture à des technologies sous conditions strictes, d’autres appelant à une révision rapide de la loi pour permettre l’usage d’outils avancés de sécurité.

La population niçoise est décrite comme plutôt favorable à l’idée générale de la vidéosurveillance, mais les critiques et les associations, notamment LDH, dénoncent une efficacité contestable et une collecte de données trop large. L’absence de consensus autour des bénéfices réels de ces technologies alimente un débat public sur l’équilibre entre sécurité et libertés, et sur la place des algorithmes dans la gestion des espaces publics.

Pour Christian Estrosi, maire de Nice, la décision est perçue comme un blocage d’outils technologiques utiles à la sécurité des écoles. « Nos enfants méritent mieux que des blocages administratifs basés sur des lois dépassées. La loi doit changer », a-t-il ajouté dans un message publié sur X, selon Le Parisien. Cette position reflète un clivage politique plus large et soulève la question de l’évolution du cadre légal pour les outils numériques en milieu urbain.

Caméra dotée d’IA installée à Nice
Caméra équipée d’IA installée à Nice
Source: https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/9910791706317714/en-quoi-consiste-la-videosurveillance-algorithmique-dont-le-conseil-d-etat-confirme-l-interdiction-a-nice

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