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Le Liban traverse une période complexe marquée par le chaos syrien et le refus du Hezbollah de se désarmer. Les ambitions jacobines du président Joseph Aoun, fraîchement élu, se heurtent à des défis majeurs alors que le pays tente de se relever d’une crise économique dévastatrice.
Une crise économique et un cessez-le-feu fragile
Confronté à une crise économique sans précédent, caractérisée par une inflation galopante, le pays du Cèdre peine à se remettre de l’offensive israélienne contre le Hezbollah, qui a abouti à un cessez-le-feu le 27 novembre dernier. Joseph Aoun, élu président en janvier 2025 après plus de deux ans de vacance à la présidence, s’est engagé à redresser l’économie et à restaurer l’autorité de l’État, revendiquant pour l’armée libanaise le monopole de la violence légitime.

Les défis à relever
Les ambitions du président Aoun se heurtent à plusieurs obstacles : le refus des parties de respecter le cessez-le-feu, la peur d’une nouvelle guerre civile et le chaos ambiant en Syrie. Le Hezbollah a exprimé son refus de désarmer, ses parlementaires critiquant la pression américaine et accusant Israël de violer l’accord de trêve par ses bombardements continus et son maintien de troupes dans le Sud-Liban.
La frontière entre le Liban et la Syrie, longue de plus de 300 kilomètres, constitue un point de tension supplémentaire, suscitant des craintes quant à une possible extension du chaos syrien sur le territoire libanais. La classe politique libanaise est divisée sur la façon de gérer cette situation, certains plaidant pour une action militaire contre le Hezbollah, tandis que d’autres appellent à un dialogue pour éviter une nouvelle guerre civile.
Pressions internationales et situation syrienne
Le soutien des pays du Golfe et de Washington est essentiel pour le Liban, surtout pour obtenir des financements internationaux. Les États-Unis, en tant que garants du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, multiplient les visites au Liban. Le 21 juillet, l’envoyé spécial Tom Barrack a débuté sa troisième visite pour activer le processus de désarmement du Hezbollah.
Du côté syrien, les récents affrontements à Soueïda suscitent de vives inquiétudes au sein de l’exécutif libanais. La question des détenus syriens, représentant plus de 30 % de la population carcérale libanaise, contribue également aux tensions. Damas exige leur retour immédiat, tandis que les autorités libanaises cherchent à maintenir en détention ceux qui ont commis des crimes graves.
Gagner du temps pour préserver l’unité
Face aux bombardements israéliens et aux pressions américaines, le président Joseph Aoun est contraint de manœuvrer avec précaution. Lors de sa visite au Bahreïn le 22 juillet, il a souligné l’importance de préserver l’unité du Liban et d’éviter toute atteinte à la paix civile. L’objectif est de gagner du temps pour respecter les promesses de reconstruction de l’État tout en naviguant dans un environnement politique instable.