Accueil ActualitéLes États-Unis financent Orano à hauteur de 900 millions de dollars pour une usine d’uranium dans le Tennessee

Les États-Unis financent Orano à hauteur de 900 millions de dollars pour une usine d’uranium dans le Tennessee

par Lea
France

Orano, groupe français spécialisé dans l’uranium, va recevoir un soutien financier de 900 millions de dollars des États-Unis pour la construction d’une usine d’uranium enrichi sur le sol américain, selon un communiqué publié par le groupe. Ce financement est estimé à environ 828 millions d’euros et s’inscrit dans un coût total estimé à près de 4,6 milliards d’euros pour le projet. Le financement provient du Department of Energy (DOE) et vise à soutenir une installation essentielle pour la production d’uranium enrichi sur le territoire américain. Orano précise que cette aide s’inscrit dans le cadre d’un plan plus large visant à renforcer la filière nucléaire américaine et à sécuriser l’approvisionnement en énergie.

La filiale américaine du groupe prévoit d’implanter l’usine sur le site d’Oak Ridge, dans l’État du Tennessee, projet annoncé en septembre 2024. Orano espère finaliser le contrat d’ici le premier semestre 2026 et déposer une demande de licence auprès de l’autorité de sûreté nucléaire américaine. Cette étape est présentée comme une étape clé pour déboucher sur une production future et répondre aux besoins des exploitants de réacteurs américains.

Le projet, baptisé IKE en référence au surnom du 34e président Dwight Eisenhower et à un discours sur l’énergie nucléaire prononcé devant l’ONU, est présenté comme une avancée majeure pour la stratégie d’Orano. Il vise à sécuriser, selon le groupe, les approvisionnements des réacteurs américains et à respecter la réglementation qui interdit l’importation d’uranium russe à partir de 2028. Orano précise que cette initiative s’inscrit dans le renforcement de l’indépendance énergétique des États-Unis.

Orano indique que cette nouvelle usine répondra à une demande croissante, tirée par l’intelligence artificielle et les data centers, secteurs exigeants en énergie. Le projet s’inscrit en complémentarité avec l’extension des capacités de l’usine Georges Besse 2, en cours de construction en France, qui constitue la première réponse du groupe aux besoins énergétiques occidentaux. L’envergure et le calendrier de cette installation s’ajustent au rythme des investissements dans le nucléaire civil.

Ces projets s’ajoutent aux sites d’Orano présents depuis environ quarante ans sur le site du Tricastin, dans la Drôme et le Vaucluse, où le groupe exploite des installations liées à l’enrichissement. Orano mène actuellement une première extension de capacité d’environ 30 % sur ce territoire, afin d’accroître la production dans l’optique de répondre à la demande européenne et internationale. Le groupe souligne son rôle dans la chaîne d’approvisionnement du nucléaire occidental et la diversification géographique de ses capacités.

Nicolas Maes, directeur général d’Orano, a qualifié l’annonce d’excellente nouvelle et a indiqué que ce développement renforcera le positionnement du groupe sur le marché américain. Orano vise une mise en production aux États-Unis au début de la prochaine décennie, dans le cadre d’un calendrier coordonné avec les autorités et l’industrie nucléaire. Cette orientation s’inscrit dans une logique de sécurisation des approvisionnements et de réponse à une demande croissante en uranium enrichi.

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