La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a réagi à la publication de la nouvelle stratégie de sécurité des États-Unis qui évoque un possible « effacement civilisationnel » de l’Europe et adopte une tonalité résolument nationaliste. Elle a affirmé que les États-Unis demeurent le plus grand allié de l’Union européenne et que, malgré des désaccords passagers, le principe d’alliance reste inchangé et l’on doit rester unis.
Elle a été interrogée sur le document lors d’une conférence à Doha, au Qatar, et a rappelé que si les critiques existent, certaines peuvent être justifiées, mais que les liens transatlantiques demeurent cruciaux. Selon elle, « les États‑Unis restent notre plus grand allié » et l’Europe doit poursuivre sa collaboration sur les sujets d’intérêt commun, sans remettre en cause le socle de l’alliance.
L’administration Trump a publié vendredi ce document qui redéfinit sa Stratégie de sécurité nationale, dans la ligne de l’idée « l’Amérique d’abord ». Le texte cible fortement l’Europe, reprend des thèses de l’extrême droite sur un supposé effacement civilisationnel lié à l’immigration et déplore une prétendue obsession bureaucratique qui freinerait l’innovation et la sécurité.
Le texte indique aussi qu’il n’envisage pas d’élargissement de l’Otan, ce qui contredit des espoirs pour l’Ukraine qui subit l’invasion russe. Kaja Kallas a estimé que l’Europe doit reconnaître son propre pouvoir et gagner en confiance, notamment face à la Russie. Des pourparlers sur le conflit ukrainien se poursuivaient ce week-end à Miami entre responsables ukrainiens et américains. La responsable européenne a averti que toute punition de l’Ukraine ne favoriserait pas une paix durable et pourrait récompenser l’agression, menant à des répliques ailleurs dans le monde.