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    Comment les États-Unis contrôlent les revenus pétroliers d’Irak

    Irak, États-Unis, Iran

    Depuis l’invasion de 2003, les États-Unis exercent un contrôle effectif sur les revenus pétroliers irakiens en dollars, un levier économique majeur qui influence la politique intérieure de Bagdad et l’équilibre régional face à l’Iran. Le mécanisme, hérité de l’administration de la Coalition provisoire après la chute de Saddam Hussein, repose sur un fonds placé auprès de la Réserve fédérale de New York, ce qui confère à Washington une maîtrise directe sur l’accès aux devises indispensables à l’État irakien.

    Un mécanisme institué après la guerre

    Après le renversement du régime iraquien, l’autorité de la Coalition provisoire a créé un fonds destiné à collecter les recettes pétrolières et à financer la reconstruction. Ce fonds, conçu aussi pour protéger ces avoirs contre des poursuites juridiques liées à l’ancien régime, a été placé auprès de la Réserve fédérale américaine à New York.

    Un décret exécutif signé à l’époque par le président américain a établi ce cadre, qui a ensuite été reconduit par les administrations suivantes. Progressivement, le compte du fonds est devenu un compte rattaché à la banque centrale d’Irak, mais toujours domicilié à la Réserve fédérale, conservant ainsi une influence américaine durable sur les revenus pétroliers irakiens.

    Un levier d’influence étendu

    Le pétrole représente près de 90 % des recettes publiques en Irak, ce qui rend l’accès aux dollars crucial pour le fonctionnement de l’État. En conséquence, le contrôle de ces flux monétaires donne à Washington un pouvoir significatif sur la stabilité économique et les décisions politiques de Bagdad.

    En 2020, lorsque le gouvernement irakien a demandé le départ des forces américaines, Washington a menacé de couper l’accès aux recettes pétrolières libellées en dollars, contraignant alors Bagdad à reconsidérer sa position. Cet épisode illustre la portée concrète de ce levier sur la souveraineté irakienne.

    Pourquoi le dispositif a-t-il perduré ?

    Des responsables irakiens ayant souhaité conserver l’anonymat ont expliqué que ce système a contribué à stabiliser les finances publiques et à protéger les recettes contre des réclamations extérieures. Selon eux, la domiciliation des fonds à la Réserve fédérale a également renforcé la confiance internationale quant à la gestion des recettes et facilité l’accès au dollar pour les importations.

    De plus, ce cadre a soutenu la stabilité du taux de change et aidé les institutions financières locales à fonctionner plus sereinement. Il a aussi permis au gouvernement de limiter l’accès au dollar à certains acteurs, notamment des groupes alliés à l’Iran, perçus comme pouvant contourner les sanctions ou alimenter des circuits parallèles.

    Conséquences économiques et marchés parallèles

    Malgré ces bénéfices déclarés, les restrictions sur la fourniture de dollars ont favorisé l’apparition d’un marché parallèle. Ce marché noir a entraîné un écart notable entre le taux de change officiel fixé par la banque centrale et les cours pratiqués informellement, pénalisant les entreprises et les citoyens.

    La politique de « pression maximale » conduite à certains moments par Washington contre l’Iran a accentué les tensions, plaçant parfois l’Irak au cœur d’un jeu d’interdépendances économiques entre Téhéran et Washington. Cela a renforcé la vulnérabilité de Bagdad face aux contraintes extérieures en matière d’accès aux devises.

    Situation actuelle et évolutions récentes

    La supervision américaine des recettes pétrolières demeure effective, même si la banque centrale d’Irak a historiquement tenté de normaliser les approvisionnements en devises via des mécanismes locaux, comme les enchères de devises étrangères. Ces enchères permettaient aux banques et maisons de change d’obtenir quotidiennement des dollars en échange de dinars.

    Sous la pression des autorités américaines, et dans le cadre d’efforts pour empêcher des transferts présumés de dollars vers des entités sanctionnées, surtout liées à l’Iran, l’Irak a officiellement mis fin à ce système d’enchères au début de 2025. Ce choix traduit la difficulté pour Bagdad de concilier exigence de souveraineté et réalités financières internationales.

    À la lumière de ces éléments, le contrôle des revenus pétroliers irakiens apparaît comme un instrument central de la diplomatie économique américaine dans la région, avec des répercussions directes sur la capacité de l’Irak à piloter indépendamment sa politique économique et monétaire.

    source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/24/%d8%b1%d9%88%d9%8a%d8%aa%d8%b1%d8%b2-%d9%87%d9%83%d8%b0%d8%a7-%d8%aa%d8%b3%d9%8a%d8%b7%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d9%88%d9%84%d8%a7%d9%8a%d8%a7%d8%aa-%d8%a7%d9%84%d9%85%d8%aa%d8%ad%d8%af%d8%a9

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