Des pourparlers directs entre Russes, Ukrainiens et Américains se tiennent à Abou Dhabi, marquant la poursuite d’un format inédit pour régler le conflit en Ukraine. Le Kremlin exige le retrait des forces de l’est de l’Ukraine et des territoires industriels et miniers du Donbass comme condition préalable à tout accord durable, selon les informations des premiers échanges qui se sont déroulés vendredi. Le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, indique que les entretiens ont porté « sur les paramètres permettant de mettre fin à la guerre menée par la Russie et sur la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré: « Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions », ajoutant qu’il était « tenu informé presque heure par heure » des résultats des discussions. Ces pourparlers, organisés loin de l’Europe, s’inscrivent dans un contexte où l’Ukraine endure des bombardements et où le front se déplace lentement.

À l’occasion de ces discussions, les négociateurs russes, ukrainiens et leurs homologues américains discutent du cadre d’un règlement qui pourrait durer plusieurs années et mettre fin aux combats, sans que les lignes ne bougent rapidement sur le terrain. Côté russe, la délégation est dirigée par le général Igor Kostioukov, qui dirige le renseignement militaire (GRU). Washington est représenté par les émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Comme l’a résumé Roustem Oumerov, les échanges visaient à clarifier « les paramètres permettant de mettre fin à la guerre… et la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable ». Le président Zelensky a répété, lors d’un commentaire publié après les premiers entretiens, qu’il restait déterminé mais qu’il doutait que les discussions puissent conduire rapidement à un accord, ajoutant « presque heure par heure » qu’il était informé des avancées. Les discussions interviennent après d’autres rencontres à Davos et à Moscou, et dans un contexte où l’UE est absente de ces pourparlers directs, des critiques récurrentes sur l’ingérence européenne dans le processus.

La situation demeure complexe: les échanges se tiennent loin des capitales européennes et sans participation des États membres de l’Union européenne, ce qui alimente les spéculations sur l’influence et les garanties de sécurité qui pourraient émerger d’un accord. Le Kremlin affirme que ses objectifs en Ukraine seront atteints par la voie militaire si la diplomatie échoue et a réaffirmé des conditions majeures pour tout règlement. « Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer. Sans règlement de la question territoriale (…), il est inutile d’espérer la conclusion d’un accord de long terme », a déclaré Dmitri Peskov. Parallèlement, Zelensky a dénoncé à Davos une Europe « fragmentée » et « perdue » lorsqu’il s’agit d’influer sur les positions de Donald Trump, tout en indiquant avoir obtenu, selon lui, un accord sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine, qui doit désormais être finalisé par les deux dirigeants et les Parlements des deux pays. Les pourparlers de cette semaine, qui s’ajoutent à des discussions similaires en 2022 et 2025, illustrent la persistance du fossé entre les attentes des parties et la prudence des soutiens internationaux.