Une secousse de magnitude préliminaire 5,2 a réveillé les habitants de vastes régions d’Égypte et a été ressentie dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Son épicentre a été situé près des lacs Amers, au nord de Suez, à environ 10 kilomètres de profondeur. Cet épisode remet en lumière une zone où l’activité sismique est liée à un réseau de failles ancien, toujours actif.
Une secousse ressentie bien au-delà de son épicentre
La profondeur relativement faible de l’événement a compté dans la manière dont il a été perçu. À 10 kilomètres sous la surface, l’onde sismique part d’un foyer plus proche des populations qu’un séisme plus profond de puissance comparable. Cela aide à comprendre pourquoi la secousse a été ressentie dans une zone étendue, sans suffire à établir l’ampleur des dégâts.
La proximité de l’épicentre avec les zones habitées reste également déterminante. Chérif el-Hadi, chef du département des séismes de l’Institut national de recherche astronomique et géophysique, rappelle que le séisme du Caire de 1992, plus profond mais proche de secteurs urbains denses, avait eu un effet plus destructeur.
Le golfe de Suez, un système de failles encore actif
Les lacs Amers s’inscrivent dans le prolongement nord du système de failles du golfe de Suez. Cette région appartient à une vaste configuration géologique née avec l’ouverture de la mer Rouge, il y a environ 20 à 30 millions d’années. Les failles associées à ce mouvement restent actives aujourd’hui.
Dans ce cadre, des mouvements d’extension et de séparation progressive de la croûte peuvent accumuler des contraintes le long des failles, avant leur libération sous forme de secousses. Pour le séisme survenu ce 3 août, le mécanisme des failles normales constitue l’explication scientifique envisagée, sans être encore établi de manière définitive.
Des précédents proches dans la même région
Le golfe de Suez connaît régulièrement des séismes faibles à modérés. Le 27 décembre 2022, une secousse de magnitude comprise entre 5,0 et 5,2 a frappé la rive ouest du golfe et a été suivie de dizaines de répliques. Son épicentre se trouvait à environ 53 kilomètres d’un séisme de magnitude 5,1 enregistré en 2013 ; la secousse actuelle se situe à proximité de ces deux événements.
Cette répétition ne signifie pas que l’Égypte est entrée dans une ceinture sismique. L’activité se concentre dans des secteurs particuliers, notamment autour du golfe de Suez, du golfe d’Aqaba, de la mer Rouge, de l’est de la Méditerranée, de Dahchour et de certaines failles locales.
