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    Les Ouzbeks à Jérusalem : héritage religieux et culturel ottoman

    Palestine, Ouzbékistan, Turquie

    Les Ouzbeks à Jérusalem trouvent leurs origines pendant l’Empire ottoman, époque durant laquelle des groupes ouzbeks s’installent de façon intermittente dans la ville.
    Ils ont marqué la vie religieuse et culturelle de la cité sainte en fondant des zawiyas et des lieux de culte, consolidant ainsi une présence religieuse et sociale visible.

    Qui sont les Ouzbeks ?

    Le terme « Ouzbeks » remonte à Ozbek Khan, un descendant du conquérant mongol Gengis Khan, qui, selon les sources citées, se convertit à l’islam en 1320 et prit le nom de Ghiath al-Din Muhammad.
    De son héritage sont issues plusieurs tribus en Asie centrale et au Caucase, qui forment aujourd’hui la majorité de la population de la république d’Ouzbékistan.

    Les Ouzbeks constituent l’une des grandes composantes turques d’Asie centrale. Leur histoire remonte à environ le IIe siècle de notre ère, et leur effectif est estimé à près de 20 millions de personnes vers 2025.

    Ils vivent principalement dans :

    • l’Ouzbékistan et le Tadjikistan ;
    • le nord de l’Afghanistan ;
    • les républiques voisines : Kirghizstan, Kazakhstan et Turkménistan.

    Traditionnellement éleveurs de moutons, de chevaux et de chameaux, les Ouzbeks sont issus d’un métissage entre éléments turcs et iraniens, et leur terre historique est celle au-delà du fleuve Jeyhun (Oxus).

    Islam, empires et modernité

    L’islam atteint les régions peuplées par les Ouzbeks dès l’an 31 de l’Hégire. La région a connu des événements majeurs, comme la bataille de Talas (134 de l’Hégire), et a vu naître des savants célèbres, dont l’imam Muhammad ibn Ismaïl al-Boukhari.

    Divers sultanats se sont succédé sur ces terres, notamment la dynastie seldjoukide de Khwarezm, avant la domination mongole puis, plus tard, l’implantation russe.
    Au XXe siècle, les Ouzbeks passent sous la domination communiste avec l’Union soviétique à partir de 1917 et restent sous ce régime jusqu’à sa dislocation.

    L’Ouzbékistan proclame finalement son indépendance le 31 août 1991, marquant une nouvelle ère politique et culturelle pour les peuples d’Asie centrale.

    Présence ouzbèke à Jérusalem

    La présence ouzbèke à Jérusalem s’affirme principalement sous l’Empire ottoman. Beaucoup d’Ouzbeks n’y résident pas en permanence : ils y séjournent à l’occasion de pèlerinages, d’escales ou pour des raisons religieuses.

    Plusieurs d’entre eux vivaient modestement, dormant dans les zawiyas et les mosquées. Parmi les lieux ouzbeks de la ville, la plus connue est la zawiya naqshbandie dite « bukhari ».

    À Jérusalem, la communauté ouzbèke :

    • a contribué à la diffusion de la confrérie naqshbandie ;
    • a accueilli des pèlerins venus d’Asie centrale et d’Anatolie ;
    • a entretenu des structures religieuses et sociales proches de la mosquée al-Aqsa.

    La zawiya naqshbandie bukhari

    La zawiya naqshbandie bukhari a été fondée par des Ouzbeks venus de Boukhara et d’autres régions d’Asie centrale.
    Elle se situe à proximité immédiate de la porte al-Ghawanima, l’une des portes entourant la mosquée al-Aqsa.

    Ce lieu doit son nom au cheikh soufi Naqshband Muhammad al-Bukhari. Il servait de lieu d’hébergement et de repos pour les visiteurs en provenance d’Ouzbékistan, de Turquie et d’Afghanistan.
    La zawiya favorisait la pratique et la diffusion de la voie naqshbandie, centrée sur la présence divine gravée dans le cœur du croyant.

    Fonctions principales de la zawiya :

    • accueil des pèlerins en route vers La Mecque ou de retour du Hajj ;
    • centre spirituel pour la pratique soufie naqshbandie ;
    • point de rassemblement pour les Ouzbeks et autres visiteurs d’Asie centrale.

    Avant 1967, le nombre de visiteurs originaires d’Ouzbékistan, de Turquie et d’Afghanistan en Palestine oscillait généralement entre 30 et 80 personnes par an.

    Entrée de la zawiya naqshbandie à Jérusalem - Al Jazeera

    Intérieur de la zawiya naqshbandie à Jérusalem - Al Jazeera

    La turba (tombe) de Turkan Khatun

    La notion de « turba » désigne en arabe un lieu funéraire ou un tombeau revêtu d’importance religieuse pour les musulmans. Jérusalem en compte de nombreux, parmi lesquels la turba dite « Turkan Khatun ».

    Cette tombe porte le nom de la khatun (titre féminin turc signifiant « dame ») Turkan, fille de l’émir Toqtay ben Seljukay, appartenant à une lignée influente de l’est du monde islamique.
    La figure de Turkan est préservée par la tradition populaire et la mémoire collective locale.

    La turba de Turkan Khatun est devenue un lieu de dévotion où les Ouzbeks se rendent pour invoquer des bénédictions et formuler des prières, confirmant ainsi le rôle spirituel et symbolique de ces lieux dans la continuité de la présence ouzbèke à Jérusalem.

    source:https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2025/10/16/%d8%a7%d9%84%d8%a3%d9%88%d8%b2%d8%a8%d9%83-%d9%81%d9%8a-%d8%a7%d9%84%d9%82%d8%af%d8%b3-%d8%a3%d8%ad%d9%81%d8%a7%d8%af-%d8%ad%d8%ac%d8%a7%d8%ac-%d8%a2%d8%b3%d9%8a%d9%88%d9%8a%d9%8a%d9%86

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