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L’UE prête à activer l’instrument anti-coercition face au Groenland

par Marie
Union européenne et États-Unis

Face aux menaces de Donald Trump visant des droits de douane sur le Groenland, l’Union européenne affirme disposer d’outils et se prépare à répliquer si ces menaces se concrétisent. Samedi 17 janvier, le président américain a évoqué des droits de douane supplémentaires pour punir les pays européens ayant envoyé des militaires au Groenland si le territoire n’est pas « intégralement vendu » aux États-Unis. Dans ce contexte, le commissaire européen Stéphane Séjourné a déclaré sur France Inter que « il faut que le chantage cesse » et a rappelé que l’autodétermination des peuples et la souveraineté des États membres de l’Union européenne doivent être respectées. « Le Groenland ne sera jamais américain » a-t-il insisté. L’Union européenne souligne qu’elle dispose des outils à sa disposition et « on doit s’en servir si nécessaire » pour éviter une escalade des tarifs, notamment en cas de mesures envisagées par Washington.

Nuuk Groenland, scènes illustrant les discussions sur les droits de douane
Nuuk, Groenland, image associée aux discussions européennes sur les droits de douane et le Groenland.

L’Union européenne prête à activer l’instrument anti-coercition face au Groenland

Dans le détail, les responsables européens évoquent « l’instrument anti-coercition » comme une option de dissuasion, en cas de confirmation des droits de douane annoncés, et évoquent un éventail de contre-mesures potentielles, allant de l’exclusion des marchés publics à des restrictions économiques, ainsi qu’un paquet de 93 milliards d’euros de droits de douane supplémentaires actuellement gelé. « Nous ne céderons pas au chantage. L’Europe donnera une réponse claire et unanime. Nous préparons actuellement des contre-mesures concertées », a abondé le ministre allemand de l’Économie, Lars Klingbeil, lors d’une conférence de presse avec son homologue français, Roland Lescure, évoquant le gel de l’accord douanier américano-européen et l’entrée en vigueur de taxes sur des produits américains importés, tout en rappelant que l’outil peut « permettre le dialogue et surtout d’éviter l’application des droits de douane ». À Bruxelles, un responsable européen a indiqué que « dans les jours qui viennent », un sommet serait envisagé pour coordonner une réponse sur le Groenland.

Plus tôt, le président du Conseil européen António Costa a précisé que les dirigeants des États membres se réuniraient « dans les jours qui viennent » pour coordonner leur démarche. L’Allemagne a signalé une prudence politique: la mission sur le Groenland, considérée comme un élément d’affirmation européenne, est présentée comme une étape et Berlin a indiqué qu’elle rentrerait bientôt. L’Italie, pour sa part, a évoqué une position d’« erreur » plutôt que de bras de fer, et une porte de sortie diplomatique pourrait exister à Davos, en Suisse, où Donald Trump était attendu.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron est décrit comme l’un des tenants d’une posture ferme, et l’entourage du président a laissé entendre qu’il poursuit l’objectif d’une coordination européenne renforcée, même si les partenaires restent variables. « Nous sommes au stade de la menace du côté américain, nous devons être au stade également de la menace au niveau européen », a‑t‑il été rapporté par des sources associées à l’exécutif européen.

Parallèlement, la Commission européenne a prôné le « dialogue » plutôt que « l’escalade » et a rappelé qu’elle dispose d’outils pour réagir si les menaces deviennent réalité, en insistant sur le fait que l’unité européenne est l’objectif principal même si des divergences subsistent entre certains États membres. Des déclarations venues de Londres et de d’autres capitales montrent une ébauche d’“unité mûrie” mais aussi des réserves face à l’escalade et à des actions qui pourraient durer dans le temps.

Source: https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/le-groenland-ne-sera-jamais-americain-la-mise-en-garde-tres-claire-d-un-commissaire-europeen-a-donald-trump-1768821068

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