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Moussa Hilal, chef de la tribu des Mahamid et président du Conseil de l’éveil révolutionnaire, a survécu lundi à une attaque menée contre la localité de Mestriha, dans le Nord‑Darfour. L’assaut, attribué aux Forces de soutien rapide (RSF), a débuté par un bombardement massif aux drones et à l’artillerie, selon des responsables locaux. Des frappes ont visé notamment l’hôpital de la ville, des habitations civiles et le siège du chef tribal.
Détails de l’attaque
Les autorités du Conseil de l’éveil révolutionnaire ont indiqué que l’offensive a été lancée depuis quatre directions, avec près de 650 véhicules blindés impliqués et des combattants décrits comme des « mercenaires » venus de régions du Soudan du Sud. L’attaque a entraîné des morts et des blessés parmi la population civile, des incendies et des pillages, ainsi que le déplacement forcé des habitants des quartiers du sud de la localité. Par ailleurs, le siège de Moussa Hilal a été investi après de violents combats.
Réactions des protagonistes
Ahmed Mohamed Abkar, porte‑parole du Conseil de l’éveil révolutionnaire, a déclaré que Moussa Hilal se trouvait en sécurité et dans un lieu protégé. Il a présenté l’offensive comme l’épisode d’un conflit latent entre les RSF et Hilal, tout en réaffirmant le soutien du conseil aux Forces armées soudanaises et à l’intégrité territoriale du pays. Abkar a aussi accusé les assaillants d’avoir pour objectif réel la dispersion des communautés, le pillage des biens et le déplacement des populations pour des raisons ethniques.
De son côté, Alaa Eldin Naqd, porte‑parole d’une coalition connue sous le nom d’« Alliance fondatrice du Soudan », a nié toute responsabilité de ses forces dans le bombardement de l’hôpital et des infrastructures civiles. Il a assuré que la cible délibérée des civils n’était pas conforme aux politiques de l’alliance, ajoutant que, le cas échéant, des frappes sur des sites civils pourraient avoir été motivées par des objectifs militaires potentiels; un communiqué explicatif a été annoncé.
Situation sur le terrain
Selon des correspondants, les combats se sont intensifiés après une première attaque reprise par les forces du conseil dans la matinée. Les RSF auraient ensuite repris le contrôle des quartiers méridionaux et investi le siège de Hilal après que celui‑ci eut quitté la zone sous la pression des frappes par drones la veille. Des bilans faisant état de morts et de blessés ont été rapportés, tandis que des civils fuient les quartiers affectés.
Risque d’escalade et conséquences humanitaires
Ces affrontements interviennent dans un contexte d’escalade continue au Darfour, marqué par des accusations réciproques concernant les attaques contre des civils et les violations sécuritaires. Les événements ravivent les craintes d’une aggravation de la violence et d’une nouvelle vague de déplacements internes, avec des conséquences humanitaires importantes pour les populations déjà vulnérables de la région. Les observateurs redoutent que la polarisation entre groupes armés et communautés locales ne rende plus difficile toute solution apaisée à court terme.