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Tunisie : libération de l'ex-juge Ahmed Souab après réduction de peine

Tunisie : libération de l’ex-juge Ahmed Souab après réduction de peine

Par Sara 2 min de lecture 1 source Tunisie, France

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Ahmed Souab, ancien juge et avocat tunisien, a quitté la prison lundi après que la cour d’appel a réduit sa peine de cinq ans à dix mois. Agé de 69 ans, il est apparu très ému à sa sortie et a été accueilli par des membres de sa famille ; il n’a toutefois fait aucune déclaration publique, se contentant de lever la main en signe de victoire. La décision de la cour d’appel marque une étape importante après des mois de controverse autour de sa détention.

État de santé et conditions de détention

Selon son entourage, l’état de santé d’Ahmed Souab s’était fortement détérioré en détention : son fils a indiqué que son père avait vomi du sang et que, quelques jours auparavant, une demande de libération provisoire pour raisons médicales avait été rejetée. De plus, Souab avait subi un infarctus en 2022 ; sa cardiologue avait estimé que l’incarcération pouvait aggraver son état. En conséquence, les préoccupations médicales ont été au cœur des appels en faveur de sa remise en liberté.

Les circonstances de son arrestation

Ahmed Souab avait été arrêté le 21 avril 2025 après avoir critiqué, lors d’un rassemblement devant le tribunal de première instance de Tunis, les conditions du procès visant une quarantaine de personnalités accusées de « conspiration contre la sécurité de l’État ». Il figurait parmi les avocats de la défense de ce dossier très médiatisé. Lors d’une intervention filmée, il avait notamment affirmé que « les couteaux ne sont pas posés sur le cou des détenus, mais sur le cou du juge qui rendra la décision », une image qu’il expliquera ensuite comme une métaphore des pressions subies par les magistrats.

Accusations et déroulement judiciaire

Les autorités judiciaires ont retenu contre lui des accusations impliquant la « menace par un acte terroriste » ainsi que l’exposition de vies humaines à un danger, selon des sources judiciaires. Au total, il a fait face à une dizaine de chefs poursuivis en lien avec la législation antiterroriste ou le décret présidentiel numéro 54 relatif aux fausses informations. Sa condamnation initiale à cinq ans de prison, prononcée après un procès qui a duré moins de dix minutes à la fin d’octobre 2025, avait suscité de vives critiques.

Réactions nationales et internationales

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme avaient demandé sa libération, estimant que les accusations étaient infondées. Avant son pourvoi en appel, la rapporteure spéciale des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme avait appelé à sa remise en liberté immédiate, qualifiant sa détention d’arbitraire. Par ailleurs, depuis la prise de pouvoirs du président Kais Saied à l’été 2021, des organisations tunisiennes et internationales ont régulièrement exprimé leur préoccupation face au recul des libertés et aux atteintes à l’indépendance judiciaire.

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