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Le procureur général du Nouveau‑Mexique, Raul Torrez, a annoncé la réouverture d’une enquête sur d’éventuelles activités illégales liées au Zorro Ranch, propriété autrefois détenue par le financier Jeffrey Epstein. Cette décision intervient après la publication récente de dossiers fédéraux qui, selon son bureau, contiennent de nouveaux éléments méritant un examen approfondi.
Nouveaux éléments issus des dossiers fédéraux
Plus de trois millions et demi de fichiers gouvernementaux relatifs à Epstein ont été publiés fin janvier, en application d’une loi obligeant leur diffusion. Selon le bureau du procureur général, des révélations présentes dans des dossiers du FBI jusque‑là scellés justifient de rouvrir l’examen de l’enquête d’État sur le Zorro Ranch, situé près de la localité de Stanley.
Le procureur a indiqué que son office cherchera à obtenir l’accès aux dossiers fédéraux complets et non expurgés afin d’évaluer l’ampleur des éléments nouveaux. Ces documents alimentent de nombreuses interrogations sur ce qui s’est passé sur la propriété et sur les éventuelles responsabilités pénales.
Rappel de l’enquête initiale
La première enquête menée par les autorités du Nouveau‑Mexique avait été close en 2019 à la demande des procureurs fédéraux de New York. Cette même année, Jeffrey Epstein avait été arrêté et inculpé pour trafic sexuel de mineurs.
Quelques mois plus tard, en août 2019, Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule d’un centre de détention fédéral à Manhattan; les médecins légistes ont conclu à un suicide. La clôture antérieure de l’enquête d’État et la mort d’Epstein ont laissé plusieurs questions sans réponses, désormais relancées par la réapparition de nouveaux documents.
Pressions politiques et commission d’enquête locale
La publication des dossiers a intensifié la pression politique au Nouveau‑Mexique. Un comité de vérité composé de quatre représentants d’État a tenu sa première réunion cette semaine afin d’examiner les allégations selon lesquelles le Zorro Ranch aurait pu être un lieu d’abus sexuels et de trafic.
Des élus exigent également des explications sur le fait qu’Epstein n’aurait pas été enregistré comme délinquant sexuel dans l’État après sa condamnation en Floride en 2008. Le bureau de Raul Torrez a précisé qu’il collaborerait avec la commission et qu’il entreprendrait toutes les démarches nécessaires pour recueillir et préserver les preuves encore disponibles.
Dans un communiqué, son office a déclaré : « Comme pour toute affaire pénale potentielle, nous suivrons les faits où qu’ils mènent, évaluerons soigneusement les questions de compétence et prendrons les mesures d’enquête appropriées, y compris la collecte et la préservation de toute preuve pertinente encore disponible. »
Retentissement national et international
La réouverture de l’enquête intervient au moment où l’affaire Epstein connaît de nouveaux développements ailleurs. L’arrestation, au Royaume‑Uni, d’un ancien membre de la famille royale a relancé les demandes de responsabilisation pour les personnes ayant pu collaborer ou communiquer avec Epstein.
Par ailleurs, les fichiers publiés relancent les spéculations sur le cercle d’influence du financier, qui a pu entretenir des liens avec des personnalités politiques et des gouvernements étrangers. Aux États‑Unis, des parlementaires reprochent au ministère de la Justice un manque de transparence concernant l’ensemble des éléments disponibles.
Situation judiciaire et état des faits
Sur le plan judiciaire, le ministère de la Justice affirme n’avoir trouvé, pour l’instant, aucune preuve de conduite criminelle au‑delà des charges retenues contre Epstein et son ancienne compagne, Ghislaine Maxwell. Maxwell purge une peine de vingt ans.
Cependant, des voix politiques continuent de demander des enquêtes plus larges pour déterminer si des tiers ont contribué ou couvert des crimes, et si des manquements institutionnels ont empêché la manifestation complète de la vérité.
La propriété et son devenir
Jeffrey Epstein avait acquis le Zorro Ranch en 1993 auprès de l’ancien gouverneur démocrate Bruce King. La propriété, d’une surface d’environ 2 480 mètres carrés, a été vendue par la succession d’Epstein en 2023.
Avec la réouverture de l’enquête, l’attention reste focalisée sur ce lieu et sur les documents récemment révélés, alors que les autorités du Nouveau‑Mexique promettent d’approfondir les investigations là où les faits les conduiront.