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Une nouvelle tempête est annoncée sur Gaza, menaçant d’aggraver la misère de centaines de milliers de déplacés déjà massés dans des tentes de fortune incapables de résister aux rigueurs hivernales. Cette situation dramatique touche des familles qui vivent depuis plus de deux ans en abris temporaires après avoir fui leurs maisons. Sur le terrain, les perspectives météorologiques laissent redouter des nuits glaciales et des épisodes de gel qui accentueront la vulnérabilité des populations.
Des abris largement inutilisables
Les autorités locales indiquent que la quasi-totalité des tentes des camps de déplacés a été endommagée par les intempéries récentes. Selon le bureau médiatique du gouvernement de Gaza, environ 127 000 des 135 000 tentes sont désormais inutilisables, laissant des familles exposées à la pluie et au froid. Le constat sur le terrain est qualifié de « douloureux et sombre » par des journalistes présents dans la ville, qui décrivent des tentes déchirées et des logements sans toit.
Restrictions et promesses non tenues sur l’aide
Les responsables locaux imputent en grande partie cette catastrophe humanitaire à des restrictions empêchant l’entrée de matériaux essentiels. Ils dénoncent l’absence d’autorisation pour les unités préfabriquées et les matériaux de construction nécessaires à la protection hivernale, ainsi que l’entrave à la circulation des aides humanitaires de première nécessité.
Un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, entré en vigueur le 10 octobre, prévoyait d’intensifier les livraisons d’aide, avec l’objectif d’au moins 600 camions par jour. Toutefois, depuis l’accord, la moyenne quotidienne rapportée est bien inférieure, autour de 145 camions, et les violations du cessez-le-feu sont signalées de façon quasi quotidienne.
Des stratégies de survie de plus en plus précaires
Pour tenter de se protéger, de nombreuses familles renforcent leurs tentes avec des bâches plastiques, restent habillées en permanence et brûlent des détritus à l’intérieur des abris pour se réchauffer. Ces pratiques, fruit de l’urgence et de l’impossibilité d’accéder à des sources de chauffage sûres, exposent toutefois à des risques sanitaires supplémentaires. Le manque de carburant et l’absence d’appareils de chauffage sécurisés rendent la situation encore plus critique.
Par ailleurs, l’hiver arrive après des mois de déplacement, de privation alimentaire et d’épuisement, ce qui multiplie les facteurs de vulnérabilité parmi les populations déplacées.
Un bilan humain déjà lourd
Les conditions hivernales ont provoqué l’effondrement de bâtiments déjà fragilisés par les bombardements, causant des pertes humaines supplémentaires. Depuis la mi-décembre, au moins 25 personnes sont mortes dans ces circonstances, selon les autorités sanitaires locales.
Les décès liés à l’exposition au froid ont augmenté, atteignant 24 personnes, dont une majorité d’enfants. Les autorités précisent que toutes les victimes étaient des personnes déplacées vivant dans des camps improvisés.
Pression sur les services de santé et alertes météorologiques
Les hôpitaux enregistrent une hausse des consultations pour des maladies liées au froid, en particulier chez les enfants, tandis que les services de protection civile reçoivent des centaines d’appels d’urgence en lien avec les températures extrêmes. Les groupes vulnérables — personnes âgées, malades et enfants — sont les plus touchés par la détérioration des conditions.
Parallèlement, le département météorologique local a mis en garde contre un risque de gel et de conditions de froid intense, lié à une masse d’air polaire attendue sur une grande partie du territoire dans la nuit de mardi à mercredi. Cette alerte renforce l’urgence d’une réponse humanitaire adaptée et rapide.
Besoins immédiats
- Unités d’hébergement préfabriquées et matériaux de construction pour renforcer les abris.
- Fournitures de chauffage sécurisées et carburant pour les populations déplacées.
- Approvisionnement médical et renforts pour les hôpitaux afin de traiter les pathologies liées au froid.
- Augmentation substantielle des livraisons humanitaires pour atteindre les besoins quotidiens.
Face à la tempête annoncée, les autorités locales et les travailleurs humanitaires soulignent l’urgence d’un accès sans entrave aux secours et aux moyens de protection hivernale pour éviter une nouvelle aggravation de la crise.