Home ActualitéONU : Les pays arabes doivent sanctionner Israël face à la famine à Gaza

ONU : Les pays arabes doivent sanctionner Israël face à la famine à Gaza

by Sara
Palestine, Israël, pays arabes

Le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Michael Fakhri, a appelé la communauté internationale — et en particulier les pays arabes ayant des accords avec Israël — à exercer une pression politique et économique pour mettre fin à ce qu’il décrit comme une campagne d’épuisement et de mise à mort par la faim à Gaza. Selon lui, ces États sont les premiers à devoir envisager des sanctions contre Israël afin d’interrompre l’offensive qui cible les civils et détruit les moyens de subsistance.

Appel urgent aux États : pas d’attente vis-à-vis de l’ONU

Fakhri a déclaré à Al Jazeera que les pays ne doivent pas attendre une décision de l’ONU pour agir. Il a insisté sur le fait que tous les outils juridiques et politiques nécessaires sont déjà disponibles et que chaque État dispose de l’autorité légale pour intervenir dès maintenant.

Il a souligné que la pression politique et économique peut prendre plusieurs formes, en ciblant notamment :

  • les relations diplomatiques et les accords bilatéraux ;
  • les échanges commerciaux et les restrictions économiques ;
  • les mesures financières visant des individus ou des institutions impliqués.

Décisions et enquêtes internationales

Fakhri a rappelé des décisions judiciaires internationales récentes qui confirment la gravité de la situation. La Cour internationale de Justice a reconnu l’existence d’une famine à Gaza, a qualifié la présence d’Israël de « occupation illégale » et a appelé à la fin immédiate de cette occupation dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Par ailleurs, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt liés au crime de privation de nourriture contre le premier ministre israélien et l’ancien ministre de la Défense. Ces démarches judiciaires renforcent, selon Fakhri, l’argument en faveur d’actions nationales visant à faire pression sur les responsables.

Rôle de la société civile et limites de l’aide humanitaire

La société civile tente de briser le siège de Gaza par des initiatives telles que les flottilles de la liberté, destinées à acheminer des aides aux habitants de la bande. Fakhri a salué ces efforts mais a averti qu’ils ne suffisent pas.

Il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation politique réelle pour garantir l’accès humanitaire continu et protéger les civils. Sans décisions politiques fortes, les initiatives civiles risquent d’être contraintes par les mêmes obstacles qui entravent actuellement l’acheminement des secours.

La réalité sur le terrain : une famine qui se répand

Fakhri estime que la situation est bien pire que ce que montre le rapport de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC). Il a mis en garde : sans cesse un cessez-le-feu, la détérioration va s’accélérer.

Le rapport de l’IPC, soutenu par les agences onusiennes, indique que la famine sévit déjà dans la province de Gaza. Il précise que plus de 500 000 personnes subissent des conditions de faim, de privation extrême et de risque de mort.

L’IPC prévoit également une extension de la famine à des zones centrales et méridionales, notamment Deir al-Balah et Khan Younis d’ici la fin du mois, si la situation n’évolue pas rapidement.

Alertes conjointes des agences humanitaires

Dans une déclaration commune, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont confirmé que plus d’un demi-million de personnes à Gaza sont prises au piège d’une famine.

Ces agences appellent à des actions immédiates pour protéger les civils, garantir l’acheminement continu de l’aide et prévenir une catastrophe humanitaire encore plus large.

Demandes concrètes et perspectives

Fakhri a résumé les priorités pour enrayer la crise :

  • exercer une pression politique et économique ciblée, notamment des sanctions contre Israël pour faire cesser la campagne de faim ;
  • mettre fin immédiatement aux hostilités et au blocus qui empêchent l’accès humanitaire ;
  • assurer la protection des populations civiles et le respect du droit international humanitaire.

Il a insisté sur la responsabilité des États, en particulier des pays arabes liés par des accords avec Israël, à prendre des mesures décisives. Selon lui, l’inaction risque d’entraîner une aggravation irréversible de la crise humanitaire.

source:https://www.aljazeera.net/news/2025/8/22/%d9%85%d9%82%d8%b1%d8%b1-%d8%a3%d9%85%d9%85%d9%8a-%d9%84%d9%84%d8%ac%d8%b2%d9%8a%d8%b1%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%af%d9%88%d9%84-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%b1%d8%a8%d9%8a%d8%a9-%d8%a3%d9%88%d9%84-%d9%85%d9%86

You may also like

Leave a Comment