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Jean-Noël Barrot est arrivé à Damas jeudi pour des entretiens avec les autorités syriennes, affirmant que l’accord entre le gouvernement et les forces syriennes démocratiques garantit les droits des Kurdes et mérite le soutien de la France. Selon le ministre français, Paris s’est mobilisée à tous les niveaux pour éviter une escalade et accompagner la mise en œuvre de cet accord, qualifié d’étape décisive pour la stabilité du nord-est syrien.
Visite à Damas et déclarations officielles
Lors d’une brève allocution aux journalistes, Jean-Noël Barrot a souligné que la France appuiera Damas «par tous les moyens nécessaires» afin d’assurer le respect de l’accord et la protection des populations locales. Il a rencontré son homologue syrien Asaad Cheibani pour évoquer la coopération bilatérale et les modalités pratiques d’application du texte signé.
Le ministre a par ailleurs indiqué qu’il avait évoqué la nécessité de prévenir la résurgence de violences entre les parties, et qu’il s’était engagé à travailler avec les partenaires régionaux pour renforcer la sécurité. Il a décrit l’accord comme un instrument visant à renforcer les droits des minorités et à favoriser un retour progressif à la normale.
Contenu et mise en œuvre de l’accord
L’accord, conclu après des semaines de tensions dans le nord-est de la Syrie, prévoit l’intégration des forces locales dans les structures de l’État et le déploiement des services de sécurité syriens dans des zones auparavant contrôlées par les milices kurdes. Cette réorganisation est présentée comme un cadre pour garantir la représentation des Kurdes au sein des institutions et pour stabiliser les territoires concernés.
Jean-Noël Barrot a rappelé que «les Kurdes syriens ont subi de fortes pressions de la part du régime» et a ajouté que la population syrienne se trouve désormais «face à un nouvel avenir qui se dessinera selon les dispositions de la Constitution». Il a insisté sur la nécessité d’un suivi étroit pour traduire les engagements écrits en garanties concrètes sur le terrain.
Sécurité, lutte contre l’EI et responsabilités partagées
Le ministre a réaffirmé que la lutte contre l’État islamique demeure une priorité partagée. Il a rappelé que de nombreuses violences avaient eu lieu sous le régime de l’ex-président et que certaines attaques avaient visé la France, soulignant l’engagement français dans la lutte contre le terrorisme.
Barrot a précisé que Paris avait déjà mis en œuvre des mesures de soutien à Damas pour contrer la menace djihadiste et qu’elle entendait renforcer cette coopération «après les récents événements». La France se dit prête à fournir une assistance ciblée pour renforcer les capacités locales de maintien de l’ordre et de sécurité.
Rencontres prévues et tournée régionale
Au cours de sa visite, le ministre a évoqué ses échanges avec les responsables syriens sur l’application de l’accord du 29 janvier. Il a annoncé qu’il rencontrerait également le général Mazloum Abdi, commandant des forces dominées par les unités kurdes, afin de discuter des relations entre la France, Damas et les autorités locales.
La mission à Damas ouvre une tournée au Moyen-Orient qui conduira Jean-Noël Barrot en Irak puis au Liban. Cette série de déplacements vise à coordonner les positions françaises avec les acteurs régionaux sur les questions de sécurité, d’aide humanitaire et de stabilisation politique.
Un contexte fragile
La visite intervient après des affrontements récents entre l’appareil de l’État et les forces locales dans le nord-est syrien, qui ont finalement débouché sur l’accord maintenant au cœur des discussions. Il s’agit de la deuxième visite du ministre français à Damas depuis la chute du régime en décembre 2024, signe d’un réengagement diplomatique dans la région.
Dans ce contexte, la voie vers une normalisation reste conditionnée à la mise en œuvre effective des garanties promises et à la capacité des acteurs syriens et internationaux à éviter une reprise des violences.
- Mots-clés : accord Syrie Kurdes
- Tags : France, Syrie, Kurdes, Jean-Noël Barrot, diplomatie, sécurité, accords, Irak, Liban