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Pays condamnent Israël pour l’enregistrement des terres en Cisjordanie

par Sara
Israël, Palestine, Égypte, Arabie saoudite, Qatar, Jordanie, Koweït, Pakistan, Union européenne

La décision du gouvernement israélien d’approuver l’enregistrement des terres en Cisjordanie comme « propriété d’État » a suscité une vague de condamnations de la part de pays régionaux et d’organisations internationales. Plusieurs gouvernements ont qualifié la mesure d’escalade grave et d’atteinte flagrante au droit international, estimant qu’elle revient à une annexion de fait. Face à ces réactions, des appels à une intervention immédiate de la communauté internationale se multiplient.

La décision israélienne et ses justifications

Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, l’ouverture de ce processus d’enregistrement vise à « clarifier de manière transparente et exhaustive les droits afin de résoudre des litiges juridiques ». Les autorités israéliennes estiment que cette démarche répondrait à des inscriptions foncières illégales dans des zones contrôlées par l’Autorité palestinienne. Par ailleurs, la mesure permet la relance des procédures de « settlement of land title », gelées depuis l’occupation de 1967, ce qui suscite une forte inquiétude internationale.

Réactions palestiniennes

La présidence palestinienne a dénoncé la décision comme une « grave escalade » et une violation manifeste du droit international, estimant qu’elle équivalait à une annexion de facto. Les autorités palestiniennes ont appelé la communauté internationale, en particulier les États-Unis et les Nations unies, à intervenir sans délai pour empêcher la mise en œuvre de cette mesure. De son côté, le mouvement Hamas a qualifié l’initiative de tentative de « vol » et de judéisation des terres occupées, affirmant que la décision est nulle et non avenue émanant d’une puissance occupante illégitime.

Condamnations régionales

Plusieurs pays arabes ont fermement rejeté la décision et souligné ses conséquences sur la perspective d’un règlement à deux États. Ils appellent à une mobilisation diplomatique pour contraindre Israël à revenir sur sa décision et préserver les chances de relance du processus de paix. Voici les principales réactions formulées par les gouvernements concernés :

  • Égypte : Le gouvernement égyptien a qualifié l’initiative de « dangereuse escalade » visant à consolider le contrôle israélien sur les territoires palestiniens occupés. Selon Le Caire, la mesure menace la stabilité régionale et compromet les efforts en faveur d’une solution négociée. L’Égypte a ainsi appelé la communauté internationale à agir pour empêcher toute modification unilatérale du statut des territoires.

  • Qatar : Le ministère qatari des Affaires étrangères a dénoncé l’approbation de l’enregistrement comme « un prolongement des plans illégaux visant à priver le peuple palestinien de ses droits ». Doha a insisté sur la nécessité d’une solidarité internationale pour faire pression sur l’occupant et stopper la mise en œuvre de cette décision, en vue d’éviter ses répercussions graves.

  • Jordanie : Le ministère jordanien des Affaires étrangères et des expatriés a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités légales et morales. Amman a appelé à contraindre Israël, puissance occupante, à cesser ce qu’il qualifie d’escalade dangereuse, soulignant l’urgence d’une réponse collective.

  • Arabie saoudite : Riyad a exprimé sa condamnation et averti que l’imposition d’une « nouvelle réalité juridique et administrative » en Cisjordanie porterait préjudice aux efforts de paix. Le royaume a réaffirmé qu’il n’existe pas de souveraineté israélienne sur les territoires palestiniens occupés et a dénoncé une violation sérieuse du droit international.

  • Koweït : Le ministère koweïtien des Affaires étrangères a décrit la décision comme « nulle et non avenue » et a exhorté la communauté internationale à dissuader ces violations. Le Koweït a affirmé que toute tentative d’annexion mettrait en péril les efforts pour parvenir à une paix juste et globale, conforme aux résolutions du Conseil de sécurité.

  • Pakistan : Islamabad a condamné avec fermeté la tentative de convertir des zones de la Cisjordanie en « propriété d’État » et d’étendre les activités de colonisation illégales. Le Pakistan a appelé la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à l’impunité israélienne, soulignant que de telles actions sapent toute perspective d’un règlement durable.

Positions d’organisations internationales

L’Organisation de la coopération islamique a assimilé la décision à des « mesures coloniales » et a appelé à une action internationale urgente pour protéger les droits fondamentaux du peuple palestinien. L’organisation jeddahite a rappelé le droit à l’autodétermination et le principe d’un État palestinien souverain sur les frontières d’avant 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

De son côté, l’Union européenne a demandé à Israël de revenir sur son approbation, avertissant d’une « nouvelle escalade » susceptible d’aggraver une situation déjà tendue. Les représentants européens ont réitéré que l’annexion est illégale au regard du droit international et ont mis en garde contre les conséquences politiques et diplomatiques de cette décision.

Au-delà des déclarations, ces réactions illustrent l’inquiétude généralisée quant à l’impact de l’enregistrement des terres en Cisjordanie sur la viabilité de la solution à deux États. En outre, elles traduisent un appel unanime à des actions diplomatiques et juridiques pour empêcher toute modification unilatérale du statut des territoires occupés. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si la communauté internationale parviendra à faire reculer cette décision et à préserver les perspectives de paix.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/16/dangerous-escalation-nations-condemn-israel-over-occupied-west-bank-move

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