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La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a mis en garde contre des conséquences dramatiques si les États‑Unis tentaient de s’emparer du Groenland, affirmant qu’une telle démarche mettrait en péril l’existence même de l’OTAN. Son avertissement survient alors que les tensions internationales s’intensifient après une opération militaire américaine au Venezuela et l’enlèvement présumé de son président.
Les propos de Mette Frederiksen
Interrogée lundi, Frederiksen a déclaré que « si les États‑Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’OTAN, alors tout s’arrête ». Elle a assuré que cela inclurait l’Alliance et la sécurité collective établies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ses propos ont été tenus à la suite de nouvelles invectives du président américain et d’une série d’actions perçues comme provocatrices par Copenhague et Nuuk.
Contexte : déclarations et gestes depuis Washington
Le président américain a récemment répété que le Groenland devrait relever de la juridiction des États‑Unis et a annoncé qu’il « parlerait du Groenland dans vingt jours ». Ces déclarations interviennent alors que Washington multiplie les signaux d’intérêt pour l’île arctique.
Parallèlement, la nomination d’un envoyé spécial pour le Groenland et la publication sur les réseaux sociaux d’une image du territoire aux couleurs américaines accompagnée du mot « SOON » ont envenimé la situation. Le Premier ministre groenlandais a jugé ce message « irrespectueux », tout en appelant au calme et à la coopération.
Groenland : enjeux stratégiques et économiques
Le Groenland, territoire semi‑autonome du royaume du Danemark, occupe une position stratégique entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Sa situation en fait un point clé pour les systèmes de défense antimissile et pour les lignes maritimes transatlantiques.
En outre, les riches gisements miniers de l’île suscitent l’intérêt de puissances cherchant à réduire leur dépendance aux importations, notamment en provenance de Chine. Dans ce contexte, le spectre d’une « attaque US Groenland » alarme particulièrement Copenhague et Nuuk.
Réactions groenlandaise et danoise
Le Premier ministre groenlandais a tenu à rassurer la population en affirmant qu’il n’existe « ni raison de panique ni motif d’inquiétude ». Il a insisté sur le fait que le pays « n’est pas à vendre » et que son avenir ne sera pas décidé par des publications sur les réseaux sociaux.
Du côté danois, Frederiksen a rappelé la nécessité du respect du droit international et du principe de souveraineté entre États.
Soutien et inquiétudes en Europe
Plusieurs dirigeants européens ont exprimé leur solidarité avec le Danemark. Le Premier ministre polonais a souligné que « nul membre de l’Alliance ne doit attaquer ou menacer un autre membre », avertissant que de tels conflits internes ôteraient à l’OTAN toute raison d’être.
Le Premier ministre britannique a également affirmé son soutien à la cheffe du gouvernement danois, estimant qu’elle a raison de défendre l’avenir du Groenland.
Au‑delà des déclarations, la situation met en lumière des fractures diplomatiques et des enjeux géopolitiques majeurs dans l’Arctique. Pour l’heure, Copenhague et Nuuk réclament du dialogue et une coopération respectueuse, tout en restant vigilants face à l’escalade des tensions.