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    Le Honduras reprend le cap pro-américain avec Asfura et Trump

    Honduras, États-Unis, Israël, Palestine, Nicaragua

    Le Honduras se rapproche à nouveau de Washington après l’élection de Nasry Asfura et sa rencontre avec Donald Trump, une dynamique qui ravive les débats sur l’ingérence, la sécurité et les flux migratoires. Lors de leur entretien à Mar‑a‑Lago, les deux hommes ont affiché une volonté commune de lutter contre le trafic de stupéfiants et l’immigration irrégulière, tandis que les déclarations publiques de l’administration américaine ont été perçues comme favorables au nouveau président hondurien.

    Un rapprochement affiché entre Tegucigalpa et Washington

    La visite d’Asfura aux États‑Unis a été présentée comme le point de départ d’un partenariat renforcé. Les engagements pris à Mar‑a‑Lago portent notamment sur la coopération policière et les opérations contre les réseaux de drogue, ainsi que sur des mesures visant à contenir les départs vers le nord.

    Cependant, ces prises de position interviennent après des menaces publiques de réduction de l’aide américaine à l’encontre du Honduras en cas de résultats électoraux jugés inacceptables par Washington. Ce contexte alimente les interrogations sur l’influence américaine dans le processus politique hondurien.

    Le pardon de Juan Orlando Hernández et ses répercussions

    Le rapprochement est d’autant plus controversé que l’administration américaine a récemment accordé un pardon à l’ancien président Juan Orlando Hernández, condamné aux États‑Unis pour trafic de stupéfiants et titularisé d’une lourde peine de prison. Cette décision soulève des critiques sur la cohérence des engagements annoncés contre le narcotrafic.

    Pour de nombreux observateurs, le geste présidentiel complique la crédibilité des promesses de lutte contre les réseaux criminels et pose la question de l’impunité pour des responsables politiques impliqués dans des affaires de grande ampleur.

    Un passé d’ingérence et de violences

    Le contexte actuel rappelle un passé marqué par une influence américaine forte en Amérique centrale. Dans les années 1980, le Honduras a servi de base stratégique régionale, et des forces paramilitaires et agences étrangères ont été accusées d’exactions contre des opposants politiques.

    Plus récemment, le coup d’État de 2009 contre le président Manuel Zelaya a laissé des traces durables : montée de l’impunité, répression des manifestations et aggravation des violences criminelles. Ces phénomènes ont contribué à des vagues migratoires massives vers le nord.

    • Années 1980 : rôle stratégique du Honduras dans la région.
    • 2009 : renversement de Manuel Zelaya et crise politique.
    • Années suivantes : hausse de la violence, multiplication des violations des droits humains et augmentation des départs migratoires.

    Liens avec Israël et réactions internationales

    Parallèlement à son repositionnement vis‑à‑vis des États‑Unis, le président Asfura s’est rendu en Israël et a rencontré des responsables politiques à Jérusalem, déclarant vouloir développer des coopérations économiques et technologiques. Ces rencontres interviennent dans un contexte géopolitique sensible, notamment à cause du conflit à Gaza et du lourd bilan humanitaire signalé par diverses organisations.

    Ces visites ont provoqué des réactions contrastées au Honduras et à l’étranger, certains y voyant une stratégie diplomatique et économique, d’autres dénonçant une normalisation qui négligerait les préoccupations liées aux droits civils et aux victimes civiles dans la région palestinienne.

    Enjeux domestiques et régionaux

    Sur le plan intérieur, la nouvelle orientation pourrait renforcer la coopération sécuritaire et l’investissement privé, mais elle alimente aussi les craintes d’une intensification des politiques répressives. Les organisations de défense des droits humains avertissent que la priorité donnée à la sécurité peut se traduire par des violations et accroître la vulnérabilité des populations les plus exposées.

    À l’échelle régionale, ce réajustement s’inscrit dans une logique d’influence où Washington cherche à consolider des alliés au cœur de l’Amérique centrale, avec des implications possibles pour les dossiers vénézuélien et cubain ainsi que pour la gouvernance migratoire dans l’hémisphère.

    Alors que Tegucigalpa affirme vouloir coopérer étroitement avec Washington et d’autres partenaires internationaux, les tensions historiques et les enjeux de justice, de sécurité et de migration resteront au centre du débat politique hondurien et des relations entre le Honduras et les puissances extérieures.

    source:https://www.aljazeera.com/opinions/2026/2/11/the-uss-honduras-sets-sail-again

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