Le port de Mokha, dans le sud-ouest du Yémen, doit reprendre progressivement ses activités après des frappes qui l’ont mis hors service, a déclaré son directeur général, Abdelmalek al-Charabi. La remise en route annoncée reste conditionnée par la réparation des quais et le remplacement d’équipements logistiques détruits ou endommagés.

Un port déclaré hors service après les frappes

Dans cet entretien, Abdelmalek al-Charabi décrit des dégâts touchant les installations économiques et commerciales du port, du quai aux bureaux administratifs, ainsi que des navires et des marchandises. Il affirme qu’environ 35 frappes, menées par missiles et drones, ont fait 16 morts et 22 blessés : six personnes au port de Bab el-Mandeb et dix dans l’enceinte du port de Mokha.

Le responsable du port attribue l’arrêt des opérations à la destruction d’équipements de pilotage et de services maritimes, ainsi qu’à l’atteinte directe d’une drague. Ces déclarations ne permettent pas, à elles seules, d’établir de manière indépendante les responsabilités ou le bilan précis des frappes.

Une reprise par étapes, avec Bab el-Mandeb comme solution temporaire

La direction du port dit avoir engagé une évaluation initiale des dommages et des besoins. Elle évalue à environ 79 millions de dollars le coût de la réhabilitation et de la construction d’un nouveau quai. Une partie du trafic pourrait être orientée temporairement vers le port de Bab el-Mandeb, également administré par l’institution des ports de la mer Rouge.

Selon Abdelmalek al-Charabi, la reprise complète demandera davantage de temps : les quais doivent être réparés, les zones détruites remises en état et les équipements brûlés ou coulés remplacés. L’objectif immédiat est donc un redémarrage graduel, avec les moyens disponibles.

L’enjeu social et le calendrier de réhabilitation

Le directeur du port affirme que plus de 1 300 dockers et 205 employés du port et d’administrations publiques y travaillent, soit environ 1 500 personnes. Il souligne que l’interruption des activités affecte les revenus de familles de Mokha, de Taïz et des gouvernorats voisins.

Le projet de réhabilitation d’urgence est présenté comme la première étape d’un programme plus vaste. La direction évoque un premier volet de 139 millions de dollars et une vision de développement à long terme, mais insiste sur une priorité plus proche : accueillir de nouveau les commerçants et les importateurs « dans les tout prochains jours », sous réserve de l’avancement des réparations.

Des affirmations contestées autour de la sécurité du site

Interrogé sur des accusations de contrebande, Abdelmalek al-Charabi les rejette et soutient que les navires et marchandises visés étaient civils et commerciaux. Il présente cette position comme celle de la direction du port ; l’entretien ne fournit pas d’élément indépendant permettant de trancher ces accusations.

Sources