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Le vice‑président américain JD Vance a utilisé son vote départageant pour rejeter une résolution du Sénat qui aurait obligé le président Donald Trump à demander l’autorisation du Congrès avant toute nouvelle action militaire au Venezuela. La séance s’est conclue sur un vote à 50 voix contre 50, laissant la décision finale au vice‑président et faisant échouer la mesure visant à réaffirmer les pouvoirs de contrôle du législatif.
Renversements de dernière minute au Sénat
La mesure avait pourtant franchi une étape cruciale la semaine précédente grâce à l’appui d’un groupe de républicains dissidents et au soutien unanime des démocrates, obtenant 52 voix pour son avancement. Toutefois, ses partisans ne pouvaient perdre plus d’un vote pour assurer l’adoption finale.
Au moment du vote définitif, deux républicains qui avaient initialement aidé à porter la résolution — Todd Young et Josh Hawley — s’étaient retirés de son soutien. Hawley avait annoncé son retrait en début de journée, tandis que Young a basculé à la dernière minute après avoir reçu des assurances de l’exécutif.
Selon Young, des responsables de la sécurité nationale lui ont confirmé l’absence de troupes américaines au Venezuela et le secrétaire d’État Marco Rubio lui aurait écrit qu’en cas d’opérations militaires majeures, l’administration saisirait le Congrès pour une autorisation préalable « dans la mesure du possible ». Ces engagements n’ont toutefois pas suffi à convaincre la majorité nécessaire.
Des questions juridiques autour de l’opération au Venezuela
La résolution faisait suite à l’annonce surprise, le 3 janvier, d’une action militaire américaine dont l’objectif affiché était le renversement de Nicolás Maduro. Des explosions ont été signalées à Caracas et dans des bases militaires voisines, et la Maison‑Blanche a affirmé que Maduro avait été capturé et transféré vers les États‑Unis, tandis que son épouse aurait également été arrêtée.
L’opération a fait des victimes : deux militaires américains ont été blessés et jusqu’à 80 personnes auraient perdu la vie, parmi lesquelles du personnel cubain chargé de la protection. Le président Trump a déclaré que les États‑Unis « dirigeraient le pays jusqu’à ce qu’une transition sûre et judicieuse soit possible », mais il a reconnu, tout comme Marco Rubio, que le Congrès n’avait pas été prévenu au préalable.
Sur le plan juridique, l’administration a soutenu qu’il s’agissait d’une opération de « droit pénal » plutôt que d’une action militaire déclenchant l’obligation de demander une autorisation de guerre au Congrès. Le Département de la Justice a publié un mémoire défendant cette analyse, arguant notamment que l’opération n’était pas destinée à provoquer une guerre et, par conséquent, ne relevait pas des dispositions qui exigeraient l’approbation législative.
Un éclatement au sein du parti républicain
La tentative de restreindre les pouvoirs exécutifs a provoqué des tensions visibles parmi les républicains. Des sénateurs comme Lisa Murkowski, Rand Paul et Susan Collins se sont joints aux démocrates pour soutenir la résolution, invoquant la nécessité de préserver la séparation des pouvoirs inscrite dans la Constitution.
Ces élus ont ensuite subi d’importantes pressions pour revenir dans le rang du caucus républicain. Le président Trump a vivement critiqué les sénateurs dissidents sur son réseau social, estimant que leur vote affaiblissait la capacité de l’exécutif à défendre la sécurité nationale. Des médias ont rapporté que Trump avait contacté certains sénateurs et que son appel à Susan Collins aurait dégénéré en échange injurieux.
Dans les débats qui ont précédé le vote final, Rand Paul a défendu sa position en affirmant que la démarche était avant tout constitutionnelle : il s’agissait, selon lui, de rappeler que le pouvoir de déclencher une guerre appartient au Congrès et non au seul président.
Enjeux et suites possibles
Le rejet de la résolution signifie, pour l’heure, que l’administration conserve une marge de manœuvre importante pour conduire des opérations sans autorisation expresse du Congrès, tant que l’exécutif maintient ses interprétations juridiques. Cependant, le débat sur l’équilibre des pouvoirs entre le Congrès et le président est relancé et pourrait se poursuivre, notamment par d’autres textes ou auditions parlementaires.
Par ailleurs, la question de la légalité et des conséquences d’opérations similaires restera au centre des tensions politiques et juridiques à Washington, alors que le Congrès et la justice évaluent les cadres juridiques encadrant l’usage de la force à l’étranger.