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Le président syrien Ahmed al‑Sharaa s’est rendu à Moscou pour des entretiens avec Vladimir Poutine centrés sur la garantie de la présence militaire russe en Syrie. Le porte‑parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué avant la rencontre que les discussions porteraient en particulier sur la présence des soldats russes aux bases de Hmeimim et de Tartous.
Objectif : sécuriser les bases militaires russes en Syrie
Au cœur des négociations figure la volonté de Moscou de préserver ses installations stratégiques sur la côte méditerranéenne syrienne. Les bases de Hmeimim (aérienne) et de Tartous (navale) constituent les points d’appui essentiels de la Russie dans la région.
Ainsi, la protection de ces sites et les garanties opérationnelles offertes aux forces présentes devraient dominer l’agenda bilatéral, selon les responsables russes.
Un recentrage après des retraits
Plus tôt cette semaine, la Russie a retiré ses troupes de l’aéroport de Qamichli, dans le nord‑est contrôlé par les Kurdes, réduisant de facto son empreinte militaire en Syrie à ses deux bases méditerranéennes. Ce recentrage transforme Hmeimim et Tartous en seuls avant‑postes russes en dehors des territoires de l’ex‑Union soviétique.
En conséquence, la préservation de ces infrastructures devient d’autant plus cruciale pour Moscou, qui cherche à maintenir son influence au Moyen‑Orient malgré la perte d’autres relais.
Une relation pragmatique entre Damas et Moscou
Depuis la chute de Bachar al‑Assad en décembre 2024, la Russie a entrepris de renforcer ses relations avec le nouveau pouvoir syrien afin d’assurer la continuité de sa présence militaire. Les autorités de Damas, sous la direction d’al‑Sharaa, ont adopté une approche pragmatique en permettant à Moscou de conserver l’accès à ses bases.
Lors d’une première visite à la présidence russe en octobre, al‑Sharaa avait affiché un ton concilient. Toutefois, la présence à Moscou de l’ancien président et de son épouse reste un point sensible, et la demande syrienne d’extradition n’a pas trouvé de réponse ferme du Kremlin.
Enjeux internationaux et pression géopolitique
La rencontre intervient dans un contexte régional tendu. Moscou apparaît particulièrement soucieux de maintenir ses positions après des développements internationaux qui ont fragilisé certains soutiens. Certains observateurs notent par ailleurs que les relations entre les États‑Unis et les nouvelles autorités syriennes se sont réchauffées récemment.
Sur le terrain, les affrontements entre les forces syriennes et les unités dirigées par les Kurdes ont conduit à la mise en place d’un cessez‑lefeu précaire, qui tient pour l’instant malgré plusieurs incidents signalés.
Ce qui reste à suivre
Les détails concrets de l’accord entre Moscou et Damas devraient apparaître à l’issue des négociations, notamment sur les modalités de protection et de fonctionnement des bases militaires russes en Syrie. La portée de la coopération future dépendra en grande partie des garanties que la Russie obtiendra et des compromis acceptés par les autorités syriennes.
Les capitales régionales et internationales observeront de près l’évolution de ces relations, tant pour leurs implications militaires que pour leur impact politique au Moyen‑Orient.