Le procès des meurtriers présumés de Saïdou, 15 ans, s’est ouvert mardi devant la cour d’assises de l’Essonne. Huit des accusés, majeurs au moment des faits, sont jugés pour meurtre en bande organisée et pour tentative de meurtre sur l’un de ses amis; un neuvième homme est poursuivi pour destruction ou modification de preuves liées à l’enquête.
Selon l’ordonnance de mise en accusation consultée par l’AFP, le crime a eu lieu dans le cadre de conflits entre jeunes des quartiers populaires des Mazières et des Bergeries, à Draveil. Deux jours avant les faits, Saïdou aurait tenté en vain de voler une moto dans cette commune.
Une confrontation avec le propriétaire du deux-roues aurait abouti à un accord d’indemnisation pour les dégradations, mais des tensions auraient éclaté peu après lorsque l’un des Bergeries aurait été accusé d’avoir dénoncé Saïdou.
Dans la nuit du 29 au 30 juillet 2020, une quinzaine de jeunes des Bergeries, armés de couteaux, de bombes lacrymogènes et d’au moins un fusil, se sont rendus aux Mazières dans le cadre d’une expédition punitive. Ils ont bloqué un véhicule dans lequel se trouvait Saïdou, puis l’ont frappé et poignardé à l’aorte, le tuant sur le coup.
Au cours de l’instruction, 17 personnes ont été mises en examen ou placées sous le statut de témoin assisté, mais neuf ont été renvoyées devant la cour d’assises.
Quelques mois après la mort, un homme accompagnant l’auteur principal a été attaqué à coups de couteau à Draveil. Le frère aîné de Saïdou et un complice seront jugés pour tentative de meurtre du 10 au 13 mars, devant la même cour d’assises.
L’Essonne est marquée par des affrontements entre bandes dans plusieurs communes et ces rixes ont coûté la vie à trois personnes en 2025: un adolescent de 17 ans poignardé à Yerres en mars, un jeune homme de 18 ans tué devant la gare RER d’Évry-Courcouronnes en octobre, et un homme de 22 ans poignardé à Athis-Mons en décembre.