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Procès de Marine Le Pen : risque d’exclusion des présidentielles 2027

par Sara
France

Le procès en appel de Marine Le Pen, tenu à Paris, a pris des allures de moment décisif pour l’avenir politique de la dirigeante du Rassemblement National et pour la configuration de la présidentielle de 2027. Plus qu’une simple affaire financière, cette procédure soulève la possibilité d’une inéligibilité qui priverait la droite nationale de sa figure la plus emblématique au moment où elle demeure un acteur central des sondages.

Le réquisitoire et les peines demandées

Le parquet a requis contre Marine Le Pen une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, ainsi qu’une amende de 100 000 euros et une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant cinq ans. Les magistrats considèrent que les faits dépassent la simple erreur administrative et relèvent, selon eux, d’un système organisé visant à détourner des fonds européens au profit du parti.

En première instance, en mars 2025, Marine Le Pen avait déjà été condamnée pour avoir mis en place un système d’emploi fictif d’assistants au Parlement européen, avec une peine comportant des périodes de détention sous bracelet électronique et une interdiction de se présenter aux élections pendant cinq ans. L’appel en cours pourrait confirmer, atténuer ou modifier ces peines.

Les enjeux juridiques : suspension et exécution provisoire

Sur le plan juridique, l’enjeu central porte sur l’exécution provisoire d’une éventuelle interdiction d’être candidate. Si la cour d’appel décide d’ordonner l’exécution immédiate de l’inéligibilité, Marine Le Pen serait empêchée de concourir même en cas d’appel devant la plus haute juridiction.

À l’inverse, si la cour maintient une interdiction sans son exécution provisoire, la dirigeante pourra interjeter appel devant la Cour de cassation, procédure qui, par son rythme, pourrait repousser une décision définitive au-delà de l’échéance électorale. Des avocats interrogés estiment que cette attente pourrait offrir une fenêtre juridique pour préserver une candidature.

Un test politique

Marine Le Pen qualifie ces poursuites d’« instrumentalisation politique » et les présente comme une tentative d’évincer sa candidature par la voie judiciaire. Les institutions et la magistrature, de leur côté, rappellent l’indépendance et la neutralité du système judiciaire.

Pour certains observateurs, la rhétorique de ciblage politique n’est pas nouvelle dans l’expérience populiste, mais elle demeure efficace auprès d’une partie de l’électorat déjà méfiante à l’égard des institutions. Le dossier marque une rare intersection entre droit et stratégie politique, susceptible de modifier durablement les équilibres au sein de l’extrême droite française.

Scénarios pour 2027

Si l’interdiction de se présenter est confirmée et immédiatement appliquée, Marine Le Pen a annoncé qu’elle se retirerait de la course et pourrait laisser la place à un successeur. Parmi les candidats pressentis pour prendre la relève figure Jordan Bardella, jeune dirigeant du parti, déjà présenté comme l’héritier politique en cas d’empêchement.

  • Maintien de la candidature : si l’exécution provisoire n’est pas ordonnée et si la procédure d’appel se prolonge, elle pourrait briguer la présidence malgré la procédure en cours.
  • Retrait et remplacement : une interdiction effective ouvrirait une période d’incertitude interne au Rassemblement National et pourrait provoquer des luttes de succession ou une recomposition de l’offre politique à droite.
  • Élection d’une dirigeante poursuivie : un scénario rarissime où une candidate poursuivie mais non condamnée définitivement accéderait à la présidence, soulevant des questions institutionnelles inédites.

Les juges devraient rendre leur décision d’appel avant l’été. La Cour de cassation a indiqué qu’elle tenterait, si nécessaire, de statuer avant l’élection de 2027 afin d’apporter une résolution finale au dossier.

Conséquences pour le Rassemblement National

Le parti, malgré une popularité record ces derniers mois, risque de traverser une phase de turbulence en cas d’empêchement de sa dirigeante. L’absence de Marine Le Pen du scrutin pourrait réduire temporairement la capacité du mouvement à fédérer son électorat et favoriser des tensions internes autour du choix d’un nouveau visage pour mener la campagne.

En revanche, l’interdiction pourrait aussi se transformer en argument mobilisateur auprès des sympathisants convaincus d’une mise à l’écart politique. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si la droite nationale parviendra à conjuguer unité et stratégie en vue de 2027.

source:https://www.aljazeera.net/politics/2026/2/7/%d9%87%d9%84-%d9%8a%d8%b3%d9%82%d8%b7-%d8%a7%d9%84%d9%82%d8%b6%d8%a7%d8%a1-%d8%a7%d9%84%d9%81%d8%b1%d9%86%d8%b3%d9%8a-%d8%b7%d9%85%d9%88%d8%ad-%d9%85%d8%a7%d8%b1%d9%8a%d9%86

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