Des documents relatifs à Jeffrey Epstein vont être rendus publics par le ministère américain de la Justice. L’annonce précise que trois millions de pièces seront publiées, notamment plus de 2 000 vidéos et 180 000 images, en grande partie de la « pornographie ». Les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées à l’exception de celles de Ghislaine Maxwell, l’ancienne collaboratrice d’Epstein. Le gouvernement justifie la diffusion au compte-gouttes par la nécessité de protéger les victimes, en supprimant des noms ou passages entiers, ou en recouvrant des visages sur les photos.
Publication des documents Epstein par le ministère de la Justice américain
Selon le porte-parole Todd Blanche, numéro deux du département, il s’agissait notamment de plus de 2 000 vidéos et 180 000 images, et la majorité des contenus est décrite comme de la « pornographie ».
La publication est lente: il faudra « plusieurs semaines » pour tout écluser, avait alors précisé le DOJ, indiquant qu’il lui fallait traiter « plus d’un million » de nouveaux documents potentiellement liés à l’affaire, découverts par un procureur de New York et la police fédérale.
Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau du richissime financier new-yorkais, mort en prison en 2019 avant d’être jugé pour avoir monté un système d’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures. Outre Epstein, la seule autre personne poursuivie a été son ancienne collaboratrice Ghislaine Maxwell, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison aux États-Unis.

Réactions et contexte: la divulgation et ses limites
Des parlementaires républicains et démocrates ont uni leurs forces pour pousser à la publication de cette masse de fichiers, contre la volonté de l’administration. Ils évoquent une transparence nécessaire, alors même que des pièces des premiers dossiers avaient déjà mis en lumière des liens entre Epstein et Donald Trump, ainsi que des éléments relatifs à une affaire antérieure en Floride.
La stratégie de diffusion au compte-gouttes et les caviardages ont alimenté des accusations de dissimulation contre l’administration Trump, selon les critiques rencontrées dans les débats publics.
Parmi les documents non publiés figurent des pièces susceptibles d’éclairer la toute première affaire Epstein, vieille de plus de quinze ans, instruite en Floride, où l’ancien financier avait été accusé d’avoir eu recours à des prostituées mineures. Epstein avait ensuite obtenu une peine aménagée de prison en 2008 après un accord secret jugé extrêmement indulgent par les experts.