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Réduction des vaccins recommandés pour les enfants aux États-Unis

par Lea
France

Le ministère américain de la Santé a annoncé lundi 5 janvier une réduction du nombre de vaccins recommandés pour les enfants. Son objectif est présenté comme l’adoption d’un calendrier « bien plus raisonnable ». Cette révision intervient après que le président a sollicité une comparaison des pratiques américaines avec celles d’autres pays développés. Les responsables soulignent que la politique vaccinale peut être adaptée en fonction du risque et de l’exposition des jeunes patients.

Concrètement, six vaccins qui étaient autrefois recommandés pour tous les enfants ne le seront plus que pour les sujets à risque ou particulièrement exposés. Il s’agit des vaccins contre la grippe, l’hépatite A et B, les méningocoques et les rotavirus. Le vaccin contre le Covid-19 avait déjà été retiré de la liste quelques mois plus tôt. Le cadre précise que les autres vaccins resteront accessibles selon les choix des familles et les conseils des professionnels.

Le président Donald Trump a salué publiquement cette orientation sur les réseaux sociaux, décrivant le calendrier comme « bien plus raisonnable ». Il a ajouté que les parents pourraient continuer à faire bénéficier leurs enfants de l’ensemble des vaccins et que les assurances prendraient en charge ceux qui seraient réalisés. Cette démarche s’inscrit après que M. Trump a demandé à son administration de réévaluer la politique vaccinale en s’inspirant des pratiques observées dans d’autres pays développés, notamment au Danemark. Certaines voix au sein du parti républicain estiment toutefois que la mesure manque de transparence et fondement scientifique.

Des médecins et des chercheurs estiment que la décision pourrait limiter la protection offerte aux enfants et au niveau collectif. Selon Sean O’Leary, spécialiste en maladies infectieuses et pédiatrie, le calendrier vaccinal américain est l’un des outils les plus minutieux pour prévenir des maladies graves. Il appelle à des décisions fondées sur des preuves et à éviter les comparaisons entre pays qui ne reflètent pas les mêmes réalités. Des spécialistes de l’Université du Minnesota ont souligné que le Danemark bénéficie d’un petit territoire homogène et d’un système de santé centralisé, conditions qui n’existent pas aux États‑Unis. Ils ajoutent que les conditions socio‑économiques et les infrastructures jouent un rôle déterminant dans les choix vaccinaux.

La mise en œuvre est présentée comme une adaptation des pratiques nationales, sans remise en cause de l’accès général aux vaccins. Désormais, onze vaccins sont recommandés pour l’ensemble des enfants américains, contre dix-sept auparavant. En comparaison, la France impose douze vaccins obligatoires, dont l’hépatite B et les méningocoques; le vaccin contre les rotavirus est recommandé, et les vaccins contre la grippe et le Covid-19 restent accessibles. Par ailleurs, des décisions récentes nourrissent l’inquiétude des professionnels: en décembre, la FDA a annoncé une enquête sur de possibles décès liés au vaccin contre le Covid‑19, malgré l’évidence de son efficacité et sa sécurité dans de nombreuses études. Un groupe d’experts réorganisé par le ministère a aussi décidé de cesser de recommander l’hépatite B pour les nouveau-nés. Ces évolutions alimentent les craintes d’un recul des taux de vaccination et du risque de réapparition de maladies graves.

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