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Retour volontaire à Khartoum malgré défis sanitaires et service limités

by Sara
Soudan

Au milieu des ruines du marché commercial de la capitale soudanaise, Mohammed Azzeddine, commerçant de tissus dans la soixantaine, tente de réorganiser les restes de sa boutique ravagée par la guerre.
Les murs portent encore des inscriptions faisant l’éloge des forces armées, et l’obscurité règne souvent à cause des coupures d’électricité.

« J’essaie depuis des jours de rassembler ma volonté pour reprendre le travail, mais comme vous le voyez, le retour du marché n’est pas proche », confie Azzeddine en réarrangeant son lieu de travail.
Il habite le sud de Khartoum et note que la situation résidentielle y est relativement meilleure, avec un accroissement des retours depuis l’Aïd al-Adha.

Toutefois, l’absence d’eau, de courant et la propagation des fièvres, en particulier la dengue, ont poussé de nombreux revenants à repartir ou à déconseiller d’autres personnes de revenir.

Sur la rive occidentale du Nil

En direction d’Omdurman, le cultivateur Balla Ibrahim observe la croissance de ses cultures et affiche un certain optimisme depuis son retour aux champs.
À proximité, des restes d’engins de guerre témoignent encore de la violence des affrontements passés.

« Jusqu’au début de cette année, personne ne pouvait s’approcher de cette zone à cause des tirs et des snipers, mais aujourd’hui nous avons recommencé à semer et à travailler », explique Ibrahim.
Il affirme que la production maraîchère s’étend au nord comme au sud et qu’elle est suffisante pour approvisionner la capitale.

Le ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et de l’Irrigation de l’État de Khartoum, Fadl Al-Mawla Abdullatif, confirme ce constat.
Il indique que la plupart des agriculteurs ont repris leurs activités le long du Nil et que la production de légumes, d’oignons et de pommes de terre est redevenue abondante, particulièrement en milieu rural septentrional.

Le ministre précise en outre que le gouvernement a distribué sept types de semences améliorées à plus de deux mille foyers à Khartoum, Bahri et Omdurman pour soutenir l’agriculture domestique.
Il reconnaît cependant d’importantes pertes : sept projets agricoles majeurs ont été paralysés, parmi lesquels Al-Salit, Suba Ouest, Al-‘Asilat et Sundus.

Retour volontaire vers Khartoum — comité de retour volontaire

Crises sanitaires

Dans les quartiers d’Al-Imtidad et d’Al-Kalakat, au sud et au centre de Khartoum, le retour des habitants s’accélère, mais les défis sanitaires restent majeurs.
L’occupation prolongée des quartiers pendant deux ans a entraîné l’accumulation de déchets et une prolifération de la végétation, créant un environnement propice à la reproduction des mouches et des moustiques.

Cette situation a provoqué une hausse inquiétante des cas de paludisme et de dengue.
« Le nombre de décès dus à ces maladies est élevé ; mon ami est mort hier de la fièvre, et il y en a des dizaines d’autres », témoigne Ayman Hamid, habitant du secteur d’Abu Adam.

Hamid déplore que le ministère de la Santé concentre ses efforts sur les grands hôpitaux alors que les centres de santé de quartier, essentiels pour la proximité avec les citoyens, restent hors service.
Il a dû quitter la zone pour amener un voisin récemment revenu d’Égypte, victime de la dengue quelques jours après son arrivée.

Stabilité sécuritaire et dynamique des retours

Malgré des conditions sanitaires et environnementales difficiles, une stabilité sécuritaire relative, assurée par la présence policière, a favorisé le renforcement du retour volontaire, notamment depuis l’étranger.
L’Égypte demeure le principal pays d’accueil des Soudanais depuis le début du conflit, mais les retours depuis Le Caire vers le Soudan augmentent.

La présidente du comité du retour volontaire au sein du complexe des industries de défense, l’ingénieure Omima Abdullah, indique que sa commission a organisé huit trains jusqu’à la mi-août 2025.
Chacun transportait environ 1 200 personnes de la capitale égyptienne jusqu’à Assouan, d’où des bus les ont répartis vers les différents États soudanais.

Le gouvernement de l’État de Khartoum suit également ces mouvements. Le ministre des Affaires sociales de l’État, Sadiq Farini, affirme que son ministère a accompagné sur le terrain les opérations de « libération » des quartiers pour sécuriser l’acheminement de la nourriture et des approvisionnements via les structures communautaires.

Farini reconnaît que les problèmes d’eau et d’électricité perturbent encore le quotidien, mais il insiste sur une amélioration globale par rapport aux débuts du conflit.
L’État de Khartoum s’engage, selon lui, à rétablir progressivement les services essentiels en parallèle de la reprise des retours.

  • Principaux défis : eau, électricité, gestion des déchets, services de santé de proximité.
  • Points positifs : reprise agricole le long du Nil, trains et transferts organisés pour les rapatriements.
  • Actions en cours : distribution de semences améliorées et plans d’urgence ciblant les ménages vulnérables.
source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/8/28/%d8%a7%d9%84%d8%ae%d8%b1%d8%b7%d9%88%d9%85-%d8%aa%d8%b9%d8%a7%d9%86%d9%82-%d8%a7%d9%84%d8%ad%d9%8a%d8%a7%d8%a9-%d9%85%d9%88%d8%ac%d8%a9-%d8%b9%d9%88%d8%af%d8%a9-%d8%b7%d9%88%d8%b9%d9%8a%d8%a9

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