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Retraités afghans: les pensions touchées après quatre ans d’attente

by charles
Afghanistan

Après quatre ans d’attente, les retraités afghans commencent à toucher leurs pensions, dans un contexte marqué par les répercussions économiques des années de conflit et une réduction de l’aide internationale. Abdul Sabir, 71 ans, a poussé un soupir de soulagement lorsque le gouvernement taliban a annoncé qu’il allait enfin payer les pensions de milliers de retraités afghans, restés jusqu’ici sur le carreau. Ces retraites bénéficient à environ un million de personnes, selon l’AFP, via environ 150 000 familles.

Retraité afghan recevant sa pension à Kaboul
Un retraité afghan reçoit sa pension à Kaboul

Des pensions versées après quatre ans d’attente à Kaboul

Les bénéficiaires devraient toucher entre 40 000 et 45 000 afghanis par an, soit environ 500–565 € selon les chiffres cités par l’Assurance retraite. Dimanche, le ministère des Finances a annoncé qu’il s’apprêtait à payer les 150 000 fonctionnaires et retraités de l’armée, en commençant par neuf branches du secteur public. Mohammed Rahmani, directeur général de l’Assurance retraite, a déclaré que «Toutes les sommes manquantes seront distribuées» et que le versement serait rétroactif, selon les informations rapportées par l’AFP.

«Quand vous êtes à la maison, sans travail et sans rien, vous vous inquiétez de trouver de la nourriture», dit M. Sabir, retraité de l’Autorité de gestion des catastrophes. «Alors si on vous dit que vous allez recevoir votre paie, évidemment vous êtes contents».

Sur place, Abdul Sabir et d’autres retraités racontent avoir subi les retards et l’incertitude, mais espèrent désormais une amélioration tangible. Les chiffres indiquent que les retraites bénéficient à 150 000 familles en Afghanistan, soit environ un million de personnes qui dépendent en partie ou entièrement de ces paiements.

Une réforme du système et des défis pour les fonctionnaires

Le contexte budgétaire et la situation politique ont conduit à une restructuration du système de retraite. Dimanche, le ministère a annoncé qu’il continuerait de verser les pensions, tout en précisant que le système lui-même est en train d’être réévalué pour les fonctionnaires en poste. Le système de retraite est désormais tout bonnement supprimé pour les fonctionnaires qui atteignent les 65 ans, l’âge légal pour raccrocher les crampons, a confirmé Mohammed Rahmani à l’AFP, après une annonce l’an dernier.

«Si on nous donne notre pension, cela résoudra 50% des problèmes, on pourra joindre les deux bouts et être en partie épargnés par la pauvreté et la détresse», dit M. Kargar à l’AFP, épuisé de faire du porte-à-porte pour un peu d’argent.

Des analystes et des responsables internationaux soulignent que, même lorsque les paiements reprendront, les défis demeurent: la Banque mondiale rappelle que près de la moitié de la population vit dans la pauvreté et que le chômage touche plus de 13% des habitants. Le Réseau d’analystes afghans (AAN) notait déjà en 2024 que les recettes publiques étaient insuffisantes pour assurer les retraites et le reste du service public.

«On veut un jeune homme qui peut travailler et à qui on peut donner des ordres», a raconté à l’AFP un autre retraité, lorsque l’on lui a proposé un emploi alternatif.

Pour Shah Rassoul Omari, 70 ans, et d’autres, les perspectives restent difficiles: «Mes six fils et leurs enfants dépendent tous de ma pension», souligne l’ancien soldat de l’armée de l’air qui vit dans une modeste maison de terre battue. Les témoignages mettent en lumière une fragilité structurelle, malgré l’annonce de paiements progressifs et rétroactifs, et la persistance de défis économiques qui pèsent sur les revenus des familles afghanes. Un autre retraité, Nabiullah Attai, résume la réalité: «J’ai donné 38 années à ce pays, les meilleures de ma vie», et aujourd’hui, «cela ne représente rien».

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