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Rubio optimiste, menace d’utiliser la force au Venezuela

par Sara
Venezuela, États-Unis

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré devant le Sénat être confiant quant à l’ouverture de relations plus étroites entre Washington et les nouveaux dirigeants vénézuéliens, tout en brandissant la menace de l’usage de la force si la présidente par intérim Delcy Rodríguez refusait de coopérer. Selon ses propos préparés, Rubio a affirmé que Rodríguez « est pleinement consciente du sort de Maduro » et a prévenu : « que personne ne se méprenne, nous sommes prêts, comme l’a dit le président, à utiliser la force pour garantir la coopération maximale si d’autres moyens échouent ».

Réouverture de l’ambassade

Rubio a assuré aux sénateurs qu’il n’existait pas, pour l’instant, de nécessité d’une intervention militaire massive. « Je peux vous confirmer maintenant, avec une certitude totale, que nous ne sommes pas dans une position qui nous oblige à prendre une action militaire au Venezuela », a-t-il déclaré, tout en précisant que la présence militaire prévue se limiterait à des détachements de marines pour assurer la sécurité de la mission diplomatique.

Il a expliqué que les échanges avec les responsables vénézuéliens sont marqués « par un degré important de respect et d’efficacité », et s’est montré optimiste sur la possibilité de rouvrir bientôt une représentation diplomatique américaine à Caracas. L’ambassade, fermée depuis 2019, a déjà commencé à recevoir des équipes de préparation et Laura Dogu a été nommée ambassadrice pour piloter cette reprise d’activité.

Un plan américain centré sur le pétrole et la transparence

Rubio a présenté une nouvelle mécanique de gestion des recettes pétrolières vénézuéliennes soumises à sanctions : les ventes se feraient aux prix du marché et les fonds seraient déposés sur des comptes placés sous supervision américaine, destinés à financer des besoins essentiels comme l’achat de médicaments, d’équipements et le paiement des salaires publics.

Selon lui, l’objectif est d’empêcher que ces revenus profitent aux réseaux de corruption ou aux organisations impliquées dans le trafic de stupéfiants. Une partie des sommes ferait l’objet d’un contrôle financier strict, avec la mise en place d’un système de surveillance en coopération avec des institutions financières internationales.

Débat politique à Washington

La séance publique de la commission des Relations étrangères a mis en lumière un clivage politique notable à Washington autour du dossier vénézuélien. Des républicains ont salué l’opération militaire ayant abouti à l’arrestation de Nicolás Maduro, la qualifiant d’action limitée — environ 200 soldats et quelques minutes d’engagement sans pertes américaines — relevant des prérogatives constitutionnelles du président en tant que chef des armées.

Cependant, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a remis en cause la pertinence et le coût de l’opération. Elle a souligné que le blocus maritime et l’assaut auraient coûté des centaines de millions, voire un milliard de dollars, alors que la structure du régime vénézuélien reste largement intacte et que l’influence de la Chine, de la Russie et de l’Iran à Caracas demeure une source d’inquiétude.

Rencontres et signaux politiques

Rubio a également rencontré la dirigeante de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado au département d’État. Après l’entretien, Machado a déclaré vouloir rassurer le peuple vénézuélien : « Je sais ce que traverse le Venezuela, mais je vous assure que le changement viendra. Il est déjà en marche. »

Par ailleurs, la Maison Blanche, via le président Donald Trump, a demandé à son administration de travailler avec Delcy Rodríguez, tout en maintenant la possibilité d’actions militaires supplémentaires si Caracas ne se conformait pas aux exigences américaines.

Vers une évaluation fondée sur les actes

Face aux critiques, Rubio a défendu la stratégie américaine en estimant que le régime de Maduro avait transformé le Venezuela en une plateforme stratégique pour les adversaires des États-Unis et en une source de pétrole bon marché profitant à des pays comme la Chine, au détriment du peuple vénézuélien.

Il a ajouté que l’administration évaluera les prochaines étapes « en fonction des actes, pas des mots », et a jugé que les développements de ces dernières semaines dépassaient, selon lui, ce qui avait été accompli en plusieurs années.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/29/%d8%b1%d9%88%d8%a8%d9%8a%d9%88-%d9%85%d8%aa%d9%81%d8%a7%d8%a6%d9%84-%d8%a8%d8%aa%d8%b9%d8%a7%d9%88%d9%86-%d8%b1%d8%a6%d9%8a%d8%b3%d8%a9-%d9%81%d9%86%d8%b2%d9%88%d9%8a%d9%84%d8%a7

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