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Le 1er décembre 2025, le service Copernicus de surveillance de l’atmosphère a annoncé que le « trou d’ozone » au‑dessus de l’Antarctique s’était refermé plus tôt que la moyenne des années précédentes, une évolution notable après une saison décrite comme la plus courte et la plus petite en cinq ans.
Chronologie et mesures 2025
La formation du trou d’ozone commence habituellement au printemps de l’hémisphère Sud, entre août et octobre, avant de se résorber en novembre ou décembre. Cette année, l’appauvrissement a débuté mi‑août et a atteint son extension maximale début septembre.
Copernicus a estimé cette pointe autour de 21,08 millions de kilomètres carrés, nettement inférieure au pic de 2023 (environ 26,1 millions de km²). Les données de la NASA, dans son bilan saisonnier, indiquent une valeur de l’ordre de 22,86 millions de km² pour la même période.
Après la maximum, la surface touchée a diminué progressivement, se stabilisant entre 15 et 20 millions de km² en septembre, avant une chute rapide en novembre. Une petite tache d’ozone encore faible a retardé la fermeture effective jusqu’au 1er décembre, date la plus précoce observée depuis 2019.
Que mesure l’unité Dobson ?
On parle de « trou d’ozone » quand la quantité d’ozone contenue dans une colonne d’air au‑dessus d’un point donné descend en dessous d’un seuil fixé à 220 unités Dobson.
Pour visualiser la mesure, imaginez un tube imaginaire partant du sol jusqu’à la haute atmosphère : la quantité totale d’ozone dans ce tube est exprimée en unités Dobson. Lorsque cette quantité tombe sous la barre des 220 unités, la zone est considérée comme faisant partie du trou d’ozone.
Le rôle des politiques internationales
Le signe le plus encourageant de cette fermeture précoce tient moins à la surface mesurée qu’à la cause profonde : la réduction des substances appauvrissant l’ozone obtenue grâce aux mesures internationales, en particulier le Protocole de Montréal.
Selon les évaluations internationales, la mise en œuvre du protocole a permis l’élimination progressive d’environ 99 % des substances interdites qui détruisaient l’ozone. L’Organisation météorologique mondiale signale en outre une baisse d’environ un tiers de ces substances dans la stratosphère antarctique depuis le pic atteint en 2000.
Calendrier de la reprise complète
Les scientifiques insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un rétablissement instantané, mais d’un retour progressif vers des niveaux proches de ceux de 1980.
- Retour prévu à des valeurs proches de 1980 pour la plupart des régions du globe vers 2040.
- Au‑dessus de l’Arctique, la normalisation est attendue autour de 2045.
- Au‑dessus de l’Antarctique, la rémission complète est estimée autour de 2066 en raison de la longue persistance de certains composés chlorés et bromés.
Ces échéances reflètent la durée de vie atmosphérique de certains composés responsables de la destruction de l’ozone, qui mettent des décennies à décroître naturellement en stratosphère.
Le parallèle avec le changement climatique
Le dossier de l’ozone et celui du climat présentent des similitudes importantes : dans les deux cas, l’origine du problème est principalement liée aux activités humaines. Toutefois, la réponse politique a été très différente.
Alors que la communauté internationale a su s’unir autour d’un protocole contraignant pour l’ozone, l’action contre le réchauffement planétaire reste insuffisante au regard des réductions d’émissions nécessaires. Les gaz à effet de serre, notamment le dioxyde de carbone, ont vu leurs concentrations dépasser 400 parties par million, entraînant un renforcement du forçage radiatif et une hausse généralisée des températures.
De nombreux scientifiques estiment que l’inaction passée complique désormais la limitation des impacts du changement climatique, malgré le modèle encourageant que représente le succès partiel obtenu pour la restauration de la couche d’ozone.
Perspectives
La fermeture précoce du trou d’ozone en 2025 est une bonne nouvelle et illustre l’efficacité possible d’actions politiques concertées. Néanmoins, la trajectoire de retour vers des niveaux pré‑1980 reste longue et dépend du maintien des engagements internationaux.
Par ailleurs, cet épisode rappelle que la protection de l’atmosphère demande à la fois des politiques robustes et une vigilance scientifique continue pour suivre l’évolution de l’ozone et des autres variables climatiques.