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C’est une nouvelle étape décisive pour l’agence spatiale américaine. Alors que le monde a les yeux rivés sur les images spectaculaires du télescope James Webb, la NASA vient d’officialiser la fin de l’assemblage de son prochain grand observatoire : le télescope spatial Nancy Grace Roman. Prévu pour un lancement à l’automne 2026, ce nouveau géant de l’exploration spatiale promet de révolutionner notre compréhension de l’énergie noire et des exoplanètes.
Un champ de vision inédit pour succéder à Hubble
Dans la salle blanche du centre de vol spatial Goddard, les ingénieurs de la NASA ont scellé l’union des deux principaux segments du télescope Roman. Ce moment marque la fin de la phase de construction et le début des tests intensifs avant le lancement. Conçu comme un fleuron de la flotte spatiale, cet observatoire infrarouge se distingue par sa capacité à capturer des images avec un champ de vision 100 fois supérieur à celui du télescope Hubble.
L’instrument principal, le Wide Field Instrument (WFI), est une caméra de 288 mégapixels destinée à cartographier de vastes portions du ciel. Là où Hubble a mis 30 ans pour imager certaines régions, le télescope Roman pourra accomplir le même travail en quelques années seulement. Selon Julie McEnery, scientifique principale du projet, la mission pourrait identifier plus de 100 000 exoplanètes et des milliards de galaxies dès ses cinq premières années d’opération.
Dans le sillage du télescope James Webb
La comparaison avec le télescope James Webb est inévitable, tant sur le plan scientifique que logistique. Si le Webb a souffert de plus d’une décennie de retard, l’équipe du projet Roman espère tenir l’échéance de 2026. Amit Kshatriya, administrateur associé à la NASA, souligne que la construction s’est faite « pièce par pièce, avec une ingénierie disciplinée » pour éviter les dérives budgétaires massives souvent associées aux projets de cette envergure.
Techniquement, le télescope Roman partage des similitudes avec son grand frère. Contrairement à d’autres télescopes infrarouges nécessitant des liquides de refroidissement (qui limitent leur durée de vie une fois épuisés), Roman utilise un système de refroidissement passif. Cependant, tout comme le télescope James Webb, il dépendra de réserves de carburant pour maintenir son orbite et son orientation. Bien que sa mission primaire soit de cinq ans, cette conception laisse la porte ouverte à une prolongation de sa durée de vie.
Traquer l’énergie noire et les exoplanètes
La mission scientifique du Nancy Grace Roman s’articule autour de deux énigmes majeures. D’une part, l’étude de l’énergie noire, cette force mystérieuse qui accélère l’expansion de l’univers. Pour la comprendre, le télescope analysera la structure à grande échelle du cosmos et l’évolution des galaxies au fil du temps. Nicky Fox, de la direction des missions scientifiques de la NASA, affirme que Roman est spécifiquement conçu pour répondre à cette question fondamentale sur l’espace et le temps.
D’autre part, la recherche de vie extraterrestre potentielle bénéficiera d’une technologie de pointe : le coronographe (CGI). Cet instrument sophistiqué, composé de masques et de miroirs déformables, permettra de bloquer la lumière éblouissante des étoiles pour observer directement les planètes en orbite autour d’elles. Ce sera le premier coronographe actif de ce type envoyé dans l’espace, une étape cruciale pour espérer, un jour, imager des planètes semblables à la Terre.