Une réévaluation des archives de radioastronomie fait passer de 288 000 à plus de 6,1 millions le nombre d’étoiles présentes dans les champs observés par des programmes de recherche de signaux extraterrestres. Le résultat élargit le bilan des observations déjà menées, sans constituer une détection ni une preuve que le ciel a été exploré de façon exhaustive.
Le travail mené par Louisa Mason, chercheuse à l’université de Manchester, reprend des données historiques recueillies avec les radiotélescopes de Green Bank, aux États-Unis, et de Parkes, en Australie. Les 1 327 observations concernées étaient jusqu’ici associées à environ 288 000 étoiles, à partir des catalogues optiques disponibles.
En modélisant plus finement la distribution des étoiles dans la Voie lactée, l’étude estime que plus de 6,1 millions d’entre elles se trouvaient en réalité dans les champs de vision des instruments. Les étoiles faibles, absentes des catalogues visuels employés dans les décomptes antérieurs, entrent ainsi dans le calcul.
Un changement d’échelle, pas une recherche achevée
Ce nouveau total ne signifie pas que chacune de ces étoiles a fait l’objet d’une écoute longue et complète. La plupart n’ont été couvertes que pendant de courtes périodes, tandis que les recherches se concentraient sur une portion limitée du spectre radio.
Une émission éventuelle aurait donc pu se produire en dehors du temps d’observation ou à une fréquence différente de celles étudiées. L’absence de signal ne permet pas davantage de conclure sur l’existence, ou non, de civilisations ailleurs dans la galaxie.
Les archives d’ALMA ouvrent une autre bande de fréquences
La recherche s’est aussi tournée vers des données archivées du réseau ALMA, au Chili, qui travaille à des fréquences millimétriques et submillimétriques plus élevées que celles des radiotélescopes classiques. Il ne s’agissait pas de nouvelles observations, mais d’une relecture d’archives à la recherche de signaux étroits qui auraient pu passer inaperçus.
Aucun signal prometteur n’a été identifié. Cette exploration étend toutefois le domaine de fréquences examiné par les programmes SETI, au-delà des bandes radio historiquement privilégiées. Les résultats ont été présentés à Birmingham lors de la réunion nationale de la Royal Astronomical Society et publiés dans deux articles de Monthly Notices of the Royal Astronomical Society.
