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De nouvelles écoutes publiées par la chaîne 12 israélienne révèlent que l’ancien chef du renseignement militaire, Aharon Haliva, affirme que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait été informé qu’une guerre pouvait éclater avant l’attaque du 7 octobre 2023.
Les enregistrements contiennent des aveux et des critiques sévères sur la gestion du conflit après le 7 octobre, et imputent une responsabilité directe à la conduite du gouvernement, avec Netanyahu au premier plan.
La fuite audio et ses principales révélations
Selon Haliva, les services de renseignement avaient transmis des avertissements stratégiques clairs au bureau du Premier ministre avant l’offensive. Il affirme que les informations circulaient en continu vers les plus hauts responsables de la sécurité.
Points saillants des révélations :
- Des alertes stratégiques ont été reçues avant le 7 octobre 2023.
- Les rapports du renseignement parvenaient directement au bureau du Premier ministre, au chef du Mossad et au chef du Shin Bet.
- Netanyahu aurait progressivement évité les réunions régulières avec le chef du renseignement, réduisant leur fréquence.
- Haliva met en cause la responsabilité politique et opérationnelle de la direction gouvernementale dans la gestion de la guerre.
Les propos de Haliva sur la documentation des avertissements
Haliva assure que « chaque information de la branche du renseignement arrivait en continu au Premier ministre, au chef du Mossad et au chef du Shabak ». Il insiste sur le caractère formel et documenté des messages reçus, évoquant des « notes de recherche officielles » contenant des avertissements stratégiques explicites.
Pour lui, ces éléments rendent difficile toute affirmation selon laquelle la direction n’aurait pas été informée. Haliva souligne que tout était « publié et en circulation » au plus haut niveau.
Critiques sur la gestion de la guerre et la responsabilité politique
Dans les enregistrements, Haliva fustige la gestion des conséquences de l’attaque et décrit un climat politique et social en état de choc permanent. Il dénonce le traitement des familles des otages et le ressenti général de la population face aux décisions prises.
Il ajoute : « Dans un État normal, pour des événements bien moins graves, des responsables auraient démissionné. Ici, tout semble permis. » Cette phrase illustre le ton acerbe des accusations portées contre la direction.
Fréquence des réunions et refus d’entendre de mauvaises nouvelles
Haliva explique que la cadence des rencontres entre le chef du renseignement et le Premier ministre a fortement diminué au fil du temps. Là où des réunions hebdomadaires étaient la norme, elles sont devenues mensuelles, puis bimensuelles.
Il attribue ce recul à la volonté de Netanyahu d’éviter « d’entendre ce qui ne lui plaît pas », selon ses mots. Ce changement de rythme a, selon Haliva, réduit l’échange régulier d’analyses stratégiques entre les services et la direction politique.
Parcours d’Aharon Haliva et démission
Aharon Haliva, officier supérieur du renseignement militaire, est né à Haïfa en 1967. Il a rejoint la brigade des parachutistes en 1985 et a gravi les échelons jusqu’à devenir chef du renseignement militaire en 2021.
Le 22 avril 2024, l’armée israélienne a annoncé la démission de Haliva. Il est le premier haut gradé à quitter officiellement son poste à la suite des manquements dénoncés dans la préparation et la réponse à l’attaque du 7 octobre 2023.
Contexte institutionnel et références
Pour situer les acteurs cités :
- Aman (renseignement militaire)
- Aharon Haliva
- Benjamin Netanyahu
- La Knesset