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Le Conseil de sécurité a tenu mercredi une séance consacrée aux développements au Yémen, alors que les tensions se sont accrues dans le Sud du Yémen et que des efforts politiques régionaux cherchent à contenir la crise. Devant les membres du Conseil, l’envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, a insisté sur le fait que l’avenir du Sud du Yémen ne peut être décidé par une seule partie ni imposé par la force, soulignant par ailleurs la fragilité persistante de la sécurité dans certaines zones du Sud.
Appel au dialogue et rôle des Nations unies
Grundberg a estimé que l’appel au dialogue lancé par le président du Conseil de commandement présidentiel représente une opportunité importante pour apaiser les tensions. Selon lui, l’objectif de l’ONU est de transformer l’instabilité fragile en une paix durable bénéfique pour tous les Yéménites.
Il a aussi souligné l’importance d’un dialogue inter-sud prévu, considéré comme une étape préparatoire essentielle à un processus politique plus large sous l’égide des Nations unies.
Positions des délégations au Conseil
Le représentant yéménite auprès de l’ONU, Abdallah Al-Saadi, a affirmé que l’État yéménite reprend progressivement le contrôle de la prise de décisions souveraines et de la direction de ses forces de sécurité et armées, après des années de fragmentation exploitées par des milices.
Il a insisté sur la nécessité nationale de remettre les camps sous contrôle et de dissuader toute démarche unilatérale, mesures qu’il juge indispensables pour préserver l’unité du Conseil de commandement présidentiel et prévenir un glissement vers le chaos.
De son côté, le représentant saoudien a exprimé le regret de son pays face aux opérations militaires menées récemment par le Conseil de transition du Sud près de la frontière sud de l’Arabie saoudite, les qualifiant de très dangereuses pour la sécurité nationale saoudienne. Il a rappelé que la sécurité du Royaume constituait une ligne rouge et annoncé la préparation d’un large forum de dialogue sudiste organisé à Riyad.
Retrait émirati et surveillance des attaques maritimes
Le représentant des Émirats arabes unis a déclaré que le retrait de toutes les forces militaires émiraties restantes du Yémen avait été achevé, en précisant que la fin des opérations militaires n’implique pas l’abandon des engagements humanitaires envers le peuple yéménite.
Par ailleurs, le Conseil de sécurité a approuvé à la majorité l’extension d’un mécanisme de surveillance des attaques maritimes attribuées aux Houthis, décision adoptée par 13 voix en faveur tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues.
- Vote : 13 pour, 2 abstentions (Russie, Chine)
La représentante diplomatique américaine a salué cette mesure, rappelant la responsabilité du Conseil de poursuivre la surveillance de la menace pesant sur la liberté de navigation dans la mer Rouge.
Rencontre saoudo-yéménite et engagements de reconstruction
Sur le plan bilatéral, le ministre de la Défense saoudien a réaffirmé le soutien de son pays au Yémen, annonçant une aide économique ainsi qu’un ensemble de projets et programmes de développement dans plusieurs provinces. Cette position a été exposée lors d’une rencontre avec le président et des membres du Conseil de commandement présidentiel, en présence du chef du gouvernement yéménite et du ministre d’État gouverneur d’Aden.
Le ministre a indiqué également, via ses comptes sur les réseaux sociaux, avoir abordé avec les autorités yéménites les démarches visant une résolution politique globale et l’importance de poursuivre les efforts sur l’avenir du Sud du Yémen.
Partenariat stratégique et perspectives
Le président du Conseil de commandement présidentiel, Rashad Al‑Alimi, a qualifié la réunion de constructive, en mettant en avant le soutien saoudien comme élément central d’un partenariat stratégique destiné à restaurer les institutions de l’État.
Il a ajouté que les projets annoncés par le programme saoudien de développement et de reconstruction constituaient une base importante pour la phase de relèvement, visant à améliorer les services et les moyens de subsistance dans les provinces concernées.
Ces annonces interviennent après la reprise, avec le soutien saoudien, par le gouvernement d’un certain nombre de gouvernorats orientaux et méridionaux, à l’issue de tensions et d’affrontements récents avec des forces du Conseil de transition du Sud.
En conclusion, les délégations au Conseil de sécurité ont clairement réitéré que l’avenir du Sud du Yémen doit se construire par la négociation et non par l’imposition de faits accomplis. Dans ce contexte, l’ONU et les partenaires régionaux apparaissent déterminés à promouvoir un processus politique encadré pour stabiliser la région et répondre aux préoccupations sécuritaires et humanitaires.