Le tribunal de Montauban a prononcé, vendredi 9 janvier 2026, une peine assortie d’un sursis dans l’affaire de l’Œuf écrasé sur Jordan Bardella lors d’une séance de dédicace à Moissac le 29 novembre. Le retraité de 74 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis et à diverses amendes, au grand dam de la partie civile et selon les chiffres du parquet. La décision confirme la nature pénale de l’acte, et relance le débat sur la frontière entre action politique et violence symbolique. Le procès a aussi mis en lumière les discussions sur la classification juridique de l’acte et les répercussions sur les poursuites futures.
À Montauban, six mois avec sursis pour l’œuf sur Bardella
Le tribunal a condamné Jean-Paul Mayanobe à six mois de prison avec sursis, à 1 000 euros d’amende et à verser 500 euros de dommages et intérêts à Jordan Bardella et 600 euros pour les frais d’avocat. Le parquet avait réclamé huit mois d’emprisonnement dont quatre ferme; le juge s’est montré plus clément qu’attendu.

Des débats sur la qualification PDAP et sur le caractère politique de l’acte
À la barre, Me Rachel Lheureux a contesté la qualification de violence envers une personne dépositaire de l’autorité publique (PDAP), affirmant que « Un député n’est pas une personne dépositaire de l’autorité publique. À supposer qu’il y ait infraction, il s’agirait de violences sans ITT » et réclamant une requalification contraventionnelle. Jean-Paul Mayanobe a déclaré: « Je regrette, je m’excuse auprès de Jordan Bardella », puis a justifié l’acte comme un geste politique visant à alerter la population sur ce qu’il estime être un danger.
« Il faut agir », a-t-il répété, ajoutant que « le minimum de violence pour avertir sur un maximum de violence pour tous les Français » était nécessaire. Le parquet, pour sa part, a soutenu qu’« un député est à la fois une personne dépositaire de l’autorité publique et chargée d’une mission de service public », et a demandé l’application de la peine avec divers éléments (soins et éventuels stages). Le tribunal a finalement joint l’incident au fond et a retenu la voie pénale, sans suivre la requalification demandée par la défense.

En aparté, l’avocate de Bardella a qualifié les faits de « graves » et a réaffirmé que « quand on atteint un responsable politique, on atteint le débat politique », tandis que le parquet soulignait l’illégalité et rappelait les risques de récidive. Le verdict final a été salué par la partie civile et ses avocats, qui estiment que la justice a rappelé la gravité d’un acte violent même s’il était politique.