Dans le gouvernorat de Deraa, dans le sud de la Syrie, la raréfaction de l’eau inquiète les autorités locales. Al Jazeera rapporte une baisse marquée des débits des sources et des projets d’adduction qui alimentent la ville de Deraa ainsi que plusieurs localités, sur fond de recul des réserves des barrages et des nappes souterraines.
Des débits en forte baisse
Riyad Massalma, directeur de la Direction de l’eau de Deraa, décrit à Al Jazeera une dégradation des projets alimentés par la source al-Ashari. Selon lui, le débit de la première phase du projet al-Thawra, qui dessert la ville de Deraa et plusieurs localités, est passé de 1 600 à 600 m³.
Le constat vaut aussi pour la troisième phase du projet de Nawa. Son débit, auparavant de 750 m³, est désormais estimé à environ 130 m³, après des opérations de regroupement des sources menées l’an dernier dans le cadre de la campagne « Abshiri Hauran », selon Riyad Massalma. Le responsable mentionne également la perte de plusieurs puits dans l’est du gouvernorat.
Hani Abdallah, directeur des ressources en eau de Deraa cité par Al Jazeera, affirme que toutes les sources du gouvernorat sont actuellement sèches, à l’exception de Wadi al-Harir, al-Safouqiya, Ghazala et Aïn Dhikr. Même pour ces quatre sources, les débits ont diminué, selon lui.
Des réserves limitées et des nappes qui reculent
La situation des barrages est également présentée comme préoccupante. Hani Abdallah indique que leur capacité maximale totale atteint environ 96 millions de m³, mais que le stockage de cette saison ne dépasse pas environ 13 millions de m³, soit près de 13 % de cette capacité.
Les puits de suivi font par ailleurs apparaître une baisse annuelle d’environ cinq mètres du niveau des eaux souterraines cette année, toujours selon le directeur des ressources en eau.
La question des puits non autorisés
La pression exercée sur les ressources est aussi liée aux prélèvements non autorisés, selon les responsables cités. Un recensement officiel réalisé en 2022 avait dénombré environ 3 600 puits non autorisés à Deraa. Hani Abdallah précise toutefois qu’il n’existe pas de décompte précis actualisé.
Les autorités locales attribuent 70 % de la crise au changement climatique, aux années de sécheresse et au manque de précipitations, et 30 % à la pression humaine. Cette répartition constitue une évaluation rapportée par Al Jazeera, et non une mesure indépendante.
Des mesures annoncées avant le 15 septembre
Face à cette situation, des décisions ont été annoncées pour fermer les puits installés dans un rayon d’un kilomètre autour des stations d’irrigation, des sources et des puits relevant de l’institution de l’eau. Les responsables cités dans l’article évoquent aussi une obligation de déclarer les puits non autorisés avant le 15 septembre.
Ces dispositions sont présentées comme des annonces. Au 6 septembre 2026, leur mise en œuvre n’est pas établie. Les inquiétudes concernent notamment l’eau potable, l’agriculture et la capacité des habitants à rester dans le gouvernorat, dans une perspective décrite comme prospective par les personnes interrogées.
Sources
Al Jazeera — « درعا تواجه شبح الجفاف.. مسؤولون يكشفون تفاصيل أزمة المياه بالأرقام » — 6 septembre 2026 — https://aljazeera.net/news/2026/9/6/%D8%AF%D8%B1%D8%B9%D8%A7-%D8%AA%D9%88%D8%A7%D8%AC%D9%87-%D8%B4%D8%A8%D8%AD-%D8%A7%D9%84%D8%AC%D9%81%D8%A7%D9%81-%D9%85%D8%B3%D8%A4%D9%88%D9%84%D9%88%D9%86-%D9%8A%D9%83%D8%B4%D9%81%D9%88%D9%86