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Jugée pour "un pacte de corruption" avec Ghosn, Dati assène avoir "exercé comme avocate"
Jugée pour "un pacte de corruption" avec Ghosn, Dati assène avoir "exercé comme avocate"

Procès Dati-Ghosn : Rachida Dati défend son activité d’avocate

Par Lina 3 min de lecture 3 sources

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La réponse courte

Au tribunal correctionnel de Paris, Rachida Dati défend la réalité de son activité d’avocate pour une filiale de Renault-Nissan. Le Parquet national financier (PNF) soutient au contraire que les 900 000 euros d’honoraires perçus entre 2010 et 2012 auraient pu rémunérer une intervention interdite au Parlement européen. Le procès, ouvert mercredi, doit trancher entre ces deux lectures sans que les accusations ne préjugent de la culpabilité des prévenus.

Rachida Dati affirme avoir exercé comme avocate

Interrogée à l’audience, l’ancienne ministre de la Culture a soutenu que sa relation avec Carlos Ghosn relevait de contrats d’avocat. Les honoraires litigieux, versés par RNBV, une filiale néerlandaise de Renault-Nissan, atteignent 900 000 euros sur la période 2010-2012.

Le point central n’est donc pas seulement le montant payé, mais la nature de la prestation qui l’aurait justifié. Rachida Dati affirme avoir fourni un travail juridique et de conseil, distinct de son mandat d’eurodéputée. C’est cette frontière entre activité professionnelle et intervention politique que le tribunal examine.

Le PNF soupçonne une défense des intérêts de Renault au Parlement européen

Selon le PNF, la convention d’honoraires conclue le 28 octobre 2009, qui prévoyait une rémunération forfaitaire annuelle de 300 000 euros hors taxes, aurait masqué un travail de défense des intérêts de Renault au sein du Parlement européen. Une telle activité aurait été incompatible avec le mandat exercé par Rachida Dati.

L’accusation s’appuie notamment sur trois questions parlementaires liées au secteur automobile et sur des prises de position favorables au constructeur. Ces éléments figuraient dans une note adressée à Carlos Ghosn en février 2013, à la fin du contrat. Rachida Dati les présente, elle, comme une simple veille juridique. Cette divergence ne constitue pas un détail du dossier : elle oppose deux qualifications du même travail allégué.

Des missions revendiquées à l’international, des traces jugées limitées

La prévenue dit être intervenue pour RNBV sur des dossiers liés au Maroc, à l’Algérie, à la Turquie et à l’Iran. Elle a également affirmé ne jamais avoir rencontré Carlos Ghosn en tête à tête, indiquant que des tiers étaient présents lors de leurs réunions.

Les juges d’instruction et l’accusation contestent l’ampleur du travail juridique allégué. Ils soulignent que les traces retrouvées sont limitées au regard de la durée de la prestation et de sa rémunération. La défense prévoit pour sa part de faire entendre des témoins afin d’attester, selon elle, de l’effectivité des missions. Là encore, l’audience ne permet pas encore de conclure sur la valeur de ces éléments.

Carlos Ghosn est jugé en son absence

Carlos Ghosn, réfugié au Liban, n’est pas présent au procès. Sa demande de report de l’audience a été rejetée par le tribunal, qui a décidé de conserver le dossier pour jugement. Rachida Dati est ainsi la seule prévenue présente à l’audience parisienne.

Carlos Ghosn est jugé par défaut. D’après les explications rapportées par La Gazette France, cette procédure lui laisse la possibilité de former opposition à la décision et d’obtenir un nouveau procès de première instance. Cette éventualité procédurale ne préjuge ni de sa mise en œuvre ni de l’issue du dossier.

Un enjeu judiciaire et électoral pour Rachida Dati

Rachida Dati a été renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption et trafic d’influence, après une enquête remontant à 2019 et sa mise en examen en 2021. Elle encourt notamment cinq ans d’inéligibilité. Son mandat de maire du 7e arrondissement de Paris est donc directement en jeu.

Les audiences se poursuivent. Elles devront déterminer si les honoraires correspondaient à des prestations d’avocate, comme le soutient Rachida Dati, ou à une activité de lobbying prohibée, comme l’affirme le PNF. Aucun jugement définitif n’a encore été rendu dans cette affaire.

Les 3 sources

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  1. 1laprovence.comLa Provence / AFP — audience de Rachida Dati à Paris (nouvel onglet)
  2. 2lagazettefrance.frLa Gazette France — absence et situation procédurale de Carlos Ghosn (nouvel onglet)
  3. 3lexbase.frLexbase — contexte de l’instruction et du renvoi devant le tribunal correctionnel (nouvel onglet)

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