Le verdict est tombé: Michel Platini et Sepp Blatter sont définitivement acquittés en Suisse dans l’affaire d’escroquerie qui a marqué leurs ambitions et le football mondial. Après des années de procédures qui ont nourri débats et polémiques, le Ministère public de la Confédération (MPC) renonce à faire recours, consolidant le jugement rendu en première et deuxième instances. L’affaire portait notamment sur un paiement présumé de 2 millions de francs suisses au détriment de la FIFA, soit environ 1,8 million d’euros, et sur un contrat signé en 1999 prévoyant une rémunération annuelle de 300 000 francs suisses, intégralement payée par la FIFA. Les protagonistes avaient des versions qui se chevauchaient et ont été disputées dans le cadre d’une procédure longue et médiatisée.
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Acquittement définitif en Suisse après dix ans de procédure
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Le MPC a renoncé à faire recours, confirmant le jugement de première et deuxième instances. « Le Ministère public de la Confédération (MPC) renonce à faire recours », a indiqué le parquet dans un communiqué. Cette décision met fin à dix ans de procédure et à des implications politiques considérables. « Je sais que c’était une histoire pour m’empêcher d’être président de la Fifa », avait déclaré Michel Platini après la décision d’appel, s’estimant néanmoins « trop vieux » pour briguer de nouvelles responsabilités. Les parties s’accordaient sur certains points: Platini a bien conseillé Sepp Blatter entre 1998 et 2002 et les deux hommes ont signé en 1999 un contrat prévoyant une rémunération annuelle de 300 000 francs suisses, intégralement payée par la FIFA, selon le parquet.
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Éléments du dossier et versions de Platini et Blatter
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Les deux anciens dirigeants étaient accusés d’avoir « obtenu illégalement, au détriment de la Fifa, un paiement de deux millions de francs suisses » (1,8 million d’euros) « en faveur de Michel Platini », selon le parquet. Défense et accusation s’accordaient sur un point : le triple Ballon d’Or a bien conseillé Sepp Blatter entre 1998 et 2002, lors du premier mandat de ce dernier à la tête de la FIFA, et les deux hommes ont signé en 1999 un contrat convenant d’une rémunération annuelle de 300 000 francs suisses, intégralement payée par la FIFA. Mais en janvier 2011, l’ancien milieu de terrain – devenu dans l’intervalle président de l’UEFA (2007-2015) – « a fait valoir une créance de 2 millions de francs suisses », qualifiée de « fausse facture » par l’accusation. Les deux hommes martelaient de leur côté qu’ils avaient dès l’origine décidé d’un salaire annuel d’un million de francs suisses, par un « accord de gentlemen » oral et sans témoins, sans que les finances de la Fifa n’en permettent le versement immédiat à M. Platini. L’éclatement de l’affaire mi-2015, juste après la démission de Sepp Blatter emporté par une cascade de scandales, avait barré la route de Michel Platini vers la présidence de la Fifa, dégageant celle de l’Italo-Suisse Gianni Infantino, alors bras droit du Français à l’UEFA.
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