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À la CAN 2025 organisée au Maroc, un nombre croissant de footballeurs attirent l’attention non pour leurs gestes techniques, mais pour leurs chaussures : les « chaussures végétales ». Popularisées par la marque Sokito depuis 2021, elles se présentent comme une alternative plus durable aux modèles traditionnels et gagnent du terrain parmi les sélections présentes au tournoi.
Un phénomène observé sur le terrain
Le phénomène n’est pas nouveau mais s’est accéléré ces dernières années. Déjà en 2023, le défenseur nigérian Chidozie Awaziem avait profité des compétitions pour introduire plusieurs paires issues de cette filière, avant d’adopter pleinement ces modèles par souci d’économie et d’empreinte environnementale.
Par conséquent, aujourd’hui, plusieurs joueurs de la sélection du Nigéria portent régulièrement ces chaussures. De même, on a remarqué des joueurs d’Égypte, de Zambie et du Mozambique chaussés d’une version rouge spécialement conçue pour le tournoi.
- Nigéria
- Égypte
- Zambie
- Mozambique
Une marque née d’une observation locale
Sokito, créée en 2017, est à l’origine de cette offre dite « végétale ». Son fondateur, Jake Hardy, explique que l’idée lui est venue lors d’un séjour au Vietnam, où il a vu des artisans réutiliser les rebuts de grandes marques pour fabriquer des chaussures.
De cette inspiration est né le modèle « Devista », lancé en 2021, dont la composition dépasse 50 % de matériaux recyclés — un ratio nettement supérieur à celui affiché par les grands équipementiers.
Selon la marque, ces chaussures sont 100 % véganes et fabriquées à partir de matériaux qui auraient autrement fini en décharge.
Durabilité et preuves techniques
Les promoteurs insistent sur la longévité : l’objectif affiché est de proposer des chaussures que les amateurs peuvent porter plusieurs saisons, et qui réduisent la fréquence de remplacement chez les professionnels.
Cependant, des voix expertes appellent à la prudence. Matthieu Vicar, responsable des projets développement durable au Centre technique du cuir et de la chaussure, rappelle que la première règle de la durabilité est d’assurer la durée de vie la plus longue possible au produit.
Il ajoute qu’en théorie ces modèles peuvent être plus résistants, mais qu’il manque encore des tests indépendants et rigoureux pour le confirmer scientifiquement.
Prix et accessibilité
Le positionnement durable a un coût : les prix débutent autour de 150 euros, soit un tarif supérieur à la plupart des concurrents. La marque annonce toutefois l’ambition d’abaisser ce prix à 130 euros d’ici trois ans.
Pour l’instant, l’évaluation de la durabilité repose en grande partie sur les témoignages des utilisateurs. Plusieurs joueurs affirment que ces chaussures tiennent « beaucoup plus longtemps » tout en offrant un confort comparable aux modèles classiques.
Perspectives
La présence notable de chaussures végétales à la CAN 2025 illustre une tendance de fond : la quête d’équipements plus responsables au sein du football. Si le mouvement se confirme, il pourrait inciter fabricants et fédérations à repenser la manière dont sont produits et consommés les matériels sportifs.
En attendant, le débat se poursuit entre promesses marketing, retours d’expérience des joueurs et nécessité d’évaluations scientifiques indépendantes pour valider l’impact réel de ces innovations.