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Inhalation de monoxyde de carbone : risques et performances sportives

par Sara
France

La **inhalation de monoxyde de carbone** à des doses précises pourrait améliorer le rendement sportif, mais à des doses élevées, elle peut s’avérer mortelle. C’est ce qu’affirme le **docteur Iker García Alday**, professeur de physiologie et chercheur en physiologie de l’exercice.

Une pratique controversée dans le cyclisme

Cette méthode, adoptée par des coureurs tels que Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, a suscité un vif débat dans le monde du cyclisme. Alors que l’Agence mondiale antidopage (AMA) enquête sur la question, le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), qui regroupe huit équipes World Team et 385 coureurs, a récemment exprimé son opposition à l’inhalation de monoxyde de carbone.

Dans un communiqué, le MPCC a souligné : « Considérant le risque sanitaire (potentiellement mortel), le caractère technique complexe et artificiel de cette pratique, et le code antidopage mondial en vigueur, le MPCC ne peut que déconseiller fermement l’utilisation de cette technique jusqu’à ce qu’elle soit formellement interdite. »

Les craintes des athlètes

Lors du dernier Tour de France, l’utilisation de techniques d’inhalation de monoxyde de carbone par des équipes de haut niveau comme UAE et Visma a été discutée, générant des suspicions au sein de la communauté cycliste. En réponse à ces préoccupations, des coureurs tels que Pogacar et Vingegaard ont défendu cette méthode, arguant qu’elle sert à évaluer l’efficacité de l’entraînement plutôt qu’à améliorer les performances.

Le cycliste français Romain Bardet a fait part de ses inquiétudes concernant ces pratiques, évoquant une « course à l’armement » entre les équipes pour disposer des technologies les plus avancées afin d’augmenter le rendement.

Les risques du monoxyde de carbone

Le docteur García Alday explique que « le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore, produit par la combustion incomplète du carbone. Inhalé à des doses élevées, il est mortel, mais à des doses très faibles, il modifie des processus physiologiques comme l’inflammation et le stress oxydatif. » Ce gaz est omniprésent dans notre atmosphère.

Il précise également que « le monoxyde de carbone a une affinité pour l’hémoglobine 200 fois supérieure à celle de l’oxygène. » Cela explique son usage dans certaines analyses médicales à faibles doses pour évaluer des paramètres de santé tels que la diffusion pulmonaire.

Usage dans le sport

Dans le domaine sportif, l’utilisation de faibles doses de monoxyde de carbone est commune pour mesurer les niveaux d’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans le sang. Ceux qui disposent des ressources nécessaires recourent à cette technique lors des entraînements en altitude pour évaluer les progrès réalisés.

Des études récentes indiquent qu’inhaler des doses faibles de monoxyde de carbone (environ 1% de l’air inhalé) durant des sessions de 10 minutes, entre une et cinq fois par jour, pourrait augmenter les niveaux d’hémoglobine de 5%, équivalent aux effets d’une altitude élevée.

Les effets sur le corps

Lorsqu’elle est pratiquée une fois par jour avant l’entraînement, l’inhalation de monoxyde de carbone entraîne une diminution du transport d’oxygène, simulant ainsi une hypoxie similaire à celle rencontrée en altitude. Cette condition incite les reins à sécréter l’hormone EPO, augmentant ainsi le nombre de globules rouges dans le sang.

Le principal risque réside dans une utilisation inappropriée et ses effets neurologiques. Des doses modérées peuvent accroître le stress cardiovasculaire et la fréquence cardiaque, entraînant potentiellement des nausées ou vomissements, tandis que des doses plus élevées peuvent provoquer une intoxication mortelle.

Une alternative à l’entraînement en altitude

En matière de préparation sportive, inhaler du monoxyde de carbone pendant 10 minutes par jour pendant trois semaines pourrait générer des effets comparables à ceux d’une concentration en altitude durant une période équivalente. Cela offre l’avantage de ne pas nécessiter de déplacements éloignés.

Selon les experts, l’inhalation de monoxyde de carbone pourrait prolonger ou même remplacer les bénéfices de l’entraînement en altitude, en créant une hypoxie artificielle qui imite les effets de l’exercice à haute altitude.

Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard discutent après l'étape

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