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La police militaire syrienne est entrée dans la prison d’Al-Aqtan, située dans la province de Raqqa, conformément à l’accord conclu le 18 janvier avec les Forces démocratiques syriennes (FDS, parfois désignées localement QSD). Selon les autorités, des éléments des FDS ont été évacués du site et transférés vers la ville d’Ain al-Arab, à l’est d’Alep. Avec la reprise de cet établissement pénitentiaire, Damas affirme exercer désormais le contrôle sur l’ensemble du territoire de la province de Raqqa.
Transferts et négociations sur le terrain
Des sources officielles indiquent que la remise du site a été le fruit de négociations longues entre les autorités syriennes et les personnes retranchées dans la prison. Le processus s’est accompagné d’un retrait organisé des combattants vers Ain al-Arab, encadré par des unités de l’armée syrienne. Par ailleurs, des avions de guerre, identifiés comme probablement appartenant à la coalition internationale, ont survolé la zone pour surveiller l’application de l’accord et garantir le déroulement des opérations.
Le sort des quelque 1 200 détenus
La prison d’Al-Aqtan abriterait environ 1 200 détenus. Des familles de prisonniers ont affirmé que plusieurs d’entre eux y avaient été incarcérés de manière arbitraire en raison de leur opposition aux pratiques des FDS qui géraient l’établissement. Les autorités ont déclaré que les fichiers des détenus ont été récupérés par la police militaire afin d’entamer une procédure de tri et de classement.
Les détenus affiliés à l’organisation dite État islamique bénéficieront d’un traitement distinct, tandis que d’autres surnommés détenus « arbitrairement » pourraient être libérés. Les autorités évoquent en outre le renvoi de certains cas vers des procédures judiciaires pour des procès qualifiés « d’équitable » par les responsables syriens.
Contexte politique et militaire
L’accord de cessez-le-feu du 18 janvier prévoyait l’intégration progressive des FDS dans les structures de l’État et le transfert administratif et militaire des provinces de Raqqa et Deir ez-Zor au gouvernement central. Deux jours après la signature, Damas a annoncé la mise en place de mécanismes plus larges de fusion administrative, politique et militaire avec les forces locales.
Cependant, le cessez-le-feu a connu des tensions: les FDS ont été accusées d’avoir violé la trêve dès son premier jour par des attaques dans la province de Hasakah, causant la mort de 11 soldats et blessant 25 autres selon des bilans officiels. Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de reprises militaires par l’armée syrienne qui a regagné des territoires dans l’est et le nord-est du pays après des mois de tensions et de violations répétées des accords précédents.
Alors que la police militaire poursuit l’examen des dossiers et la réorganisation administrative, l’avenir du dispositif d’intégration des forces locales et le devenir des détenus restent des éléments clés à suivre dans les prochains jours.