Pierre Sieurac, président de l’association Tarn-et-Garonne Biodiversité, est mis en lumière comme Tarn-et-Garonnais de l’année 2025 pour son engagement en faveur de la biodiversité. Son action s’inscrit dans une longue trajectoire dédiée à la protection et à l’étude de la faune et de la flore du territoire.
Après une carrière dans le milieu bancaire, Pierre Sieurac a rejoint par hasard l’association Tarn-et-Garonne Biodiversité, autrefois baptisée Société de Sciences Naturelles de Tarn-et-Garonne (SSNTG). Un collègue l’invite à l’observatoire ornithologique et, peu à peu, il s’y intéresse, marquant le début d’un engagement qui s’est noué autour de la Garonne et de sa biodiversité. « C’est la connaissance qui permet de protéger », répète-t-il pour rappeler que la compréhension des espèces et de leurs besoins est indispensable pour les aider.
Trente ans plus tard, Pierre Sieurac demeure adhérent et a même pris la direction de l’association, qu’il préside désormais. Cette longévité témoigne de l’attachement au territoire et à la conservation des espèces locales.

Si le parcours est né d’un hasard partagé, l’affection pour la nature est profondément enracinée chez lui depuis l’enfance. À sept ou huit ans, il avait même imaginé une « association de protection des animaux » avec sa mère et quelques amis. L’expérience lui a donné le goût des balades et des échanges sur les paysages, les animaux et les plantes.
Adulte, il poursuit ces balades dans les Pyrénées ou près de l’océan avec sa femme et ses enfants, l’occasion de commenter les découvertes et de transmettre sa passion. Et si l’une de ses filles est devenue professeure de SVT, ce n’est sans doute pas le fruit du hasard mais d’un héritage familial et d’un exemple transmis lors des sorties nature.
Aujourd’hui, sa passion se met au service de l’association, qui, reconnue d’intérêt public, peut réaliser des Atlas de la biodiversité communale (ABC). Des ABC ont été réalisés pour Saint-Antonin-Noble-Val et les six communes qui intégreront le Parc naturel régional des Causses du Quercy: Caylus, Lacapelle-Livron, Loze, Mouillac, Puylagarde et Saint-Projet.

Pour l’ABC, l’objectif est de mieux connaître le territoire et d’anticiper les actions possibles: ce n’est pas pour interdire, mais pour orienter les choix. L’État et le ministère de l’Environnement appliquent une séquence expliquée comme éviter, réduire, compenser, et lorsque le projet est d’intérêt majeur, la compensation peut être envisagée.
Dans le Tarn-et-Garonne, ces missions ont permis d’identifier des espèces menacées par la pression humaine, comme les busards Saint-Martin ou busards cendrés qui nidifient au sol dans les cultures. En période de moisson, le danger est réel: l’équipe identifie les couples et les sites de nid et informe le propriétaire de la parcelle pour proposer l’installation d’une petite clôture autour du nid afin de protéger les œufs et les jeunes lors des moissons.
Plus récemment, l’observation de la faune locale a aussi révélé une famille de castors, sujet qui fera l’objet d’un prochain article.
Ainsi, ce parcours rappelle que la connaissance est un outil essentiel pour protéger la biodiversité locale du Tarn-et-Garonne.