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Trump nie le droit international après l’enlèvement au Venezuela

par Sara

Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, le président des États-Unis, Donald Trump, a rejeté la nécessité du droit international, affirmant que seule sa « morale personnelle » pouvait limiter les actions agressives menées par son administration. Ses déclarations, tenues lors d’un entretien avec un grand quotidien américain, ont ravivé les craintes d’une normalisation de l’usage de la force en dehors des cadres juridiques internationaux.

Les propos de Trump sur le droit international

« Je n’ai pas besoin du droit international. Je ne cherche pas à faire du mal aux gens », a déclaré Trump, ajoutant toutefois que tout dépend de « la définition que l’on donne au droit international ». Ces mots interviennent quelques jours après une opération militaire américaine tôt le matin contre le Venezuela, qui a provoqué des explosions à Caracas et sur plusieurs bases militaires.

Selon des observateurs, l’intervention américaine a abouti à l’enlèvement de Nicolás Maduro, un acte perçu par de nombreux spécialistes comme une violation claire de la Charte des Nations unies, qui interdit l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État.

Ambitions et menaces affichées

Dans les heures suivant l’opération, la Maison-Blanche a laissé entendre qu’elle entendrait gouverner le Venezuela et exploiter ses vastes ressources pétrolières, tout en affirmant vouloir coopérer avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez. En parallèle, l’administration a annoncé qu’elle « dicterait » la politique au gouvernement intérimaire et a menacé d’une « seconde vague » d’actions militaires en cas de désobéissance.

Trump a même déclaré dans un entretien que, si Rodríguez « ne faisait pas ce qu’il fallait », elle « paierait un prix très élevé, probablement plus élevé que Maduro ». Par ailleurs, l’escalade de la rhétorique a inclus des suggestions de frapper des dirigeants étrangers et une volonté d’étendre l’influence américaine, suscitant des inquiétudes régionales et internationales.

Antécédents et contexte militaire

Les analystes rappellent que l’administration Trump a déjà montré sa propension à recourir à la force pour atteindre ses objectifs extérieurs, notamment par des frappes contre des cibles jugées sensibles. Plus tôt, l’exécutif a évoqué des actions contre des dirigeants étrangers, et dans un passé récent il a aussi ordonné des bombardements contre des installations nucléaires dans un autre théâtre de tensions.

Ces décisions s’inscrivent dans un contexte où certains conseillers prônent un usage sans complexe de la puissance militaire américaine pour préserver les intérêts hémisphériques, posture qui divise au sein même de la classe politique et des institutions internationales.

Avertissements d’experts et risques pour l’ordre international

Des juristes et spécialistes du droit international mettent en garde contre les conséquences d’un tel rejet des normes établies. Margaret Satterthwaite, rapporteure spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, a qualifié ces déclarations d’« extrêmement dangereuses », estimant que l’affaiblissement des règles internationales pourrait encourager d’autres États à commettre des actes d’agression.

Yusra Suedi, enseignante en droit international, a alerté contre l’idée que la force légitime la politique étrangère, soulignant que ce précédent pourrait inciter des puissances comme la Chine ou la Russie à suivre des démarches similaires dans des zones sensibles comme Taïwan ou l’Ukraine.

Enfin, le professeur Ian Hurd a rappelé l’histoire des interventions américaines en Amérique latine — Panama, Haïti, Nicaragua, Chili — et observé que ces ingérences ont souvent conduit à l’instabilité, à la répression et à des violations des droits humains, tout en se révélant contre-productives à long terme.

Enjeux juridiques et géopolitiques

Le droit international, composé de conventions onusiennes et de traités multilatéraux, vise à réguler les relations entre États et à prévenir le recours illimité à la force. Les experts avertissent qu’une remise en cause de ces règles ne mettrait pas seulement en péril la sécurité du Venezuela, mais fragiliserait également la stabilité globale, y compris celle des États-Unis.

De fait, le risque principal est une dynamique de « plus fort fait ce qu’il veut », susceptible d’entraîner une spirale d’escalade entre puissances et d’accroître la probabilité de conflits régionaux et internationaux.

Face à ces développements, la communauté internationale est confrontée à un choix : tolérer une redéfinition des règles d’engagement ou réaffirmer collectivement les principes du droit international pour contenir les appétits géopolitiques et préserver la paix.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/9/trump-says-he-doesnt-need-international-law-amid-aggressive-us-policies

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