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Le commissaire européen aux affaires intérieures et à la migration, Magnus Brunner, a déclaré que l’Union européenne n’est pas encore en mesure de considérer la Syrie comme un pays suffisamment sûr pour procéder à des expulsions massives. Selon lui, la priorité de l’UE reste d’encourager les retours volontaires des ressortissants syriens, tout en continuant à soutenir l’amélioration des conditions sur place.
Priorité aux retours volontaires
Dans une interview accordée à une agence de presse allemande, Brunner a précisé que, selon les règles de l’Union, la Syrie « n’est pas actuellement un pays sûr ». Toutefois, il a souligné que l’exécutif européen poursuit des actions d’aide visant à modifier ce constat à terme.
En pratique, la politique européenne privilégie les retours volontaires, sauf pour les personnes condamnées pour des infractions pénales. Cette approche vise à réduire les expulsions forcées et à favoriser des retours organisés et assistés.
Brunner a rappelé que l’agence européenne pour l’asile avait relevé une amélioration progressive de la situation dans certaines régions de Syrie, ce qui a permis à Frontex d’appuyer des opérations de retours volontaires pour plusieurs milliers de personnes ces derniers mois.
Une diplomatie migratoire plus assertive
Le commissaire a indiqué vouloir renforcer l’usage du « bâton et de la carotte » dans les relations avec des pays tiers en matière migratoire. À cet égard, l’UE dispose d’outils stratégiques — politiques de visas, coopération commerciale et aide au développement — pouvant être mobilisés pour atteindre ses objectifs.
Selon Brunner, des mesures ciblées, comme des restrictions de visas, ont déjà produit des résultats dans certains cas. Ainsi, l’ouverture ou la facilitation des visas représente pour de nombreux États un levier attractif qu’il convient d’exploiter au bénéfice d’une gestion plus ordonnée des flux.
Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de rendre les procédures plus flexibles, rapides et numériques, notamment pour attirer des travailleurs hautement qualifiés et des chercheurs.
Nouvelles règles et centres le long des routes migratoires
La stratégie migratoire dévoilée cette semaine par la Commission souligne que les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés vont s’aggraver dans les cinq prochaines années. Pour Brunner, cela ouvre une opportunité d’affirmer des priorités claires : maîtriser l’immigration irrégulière tout en promouvant des voies légales.
Pour réduire les risques liés aux traversées périlleuses, notamment en Méditerranée, l’UE entend renforcer les dispositifs de dissuasion et élargir la coopération avec les pays d’origine et de transit.
La stratégie propose également la création de « centres multifonctions » le long des routes migratoires. Ces structures auraient pour missions d’organiser des évacuations, d’assurer l’accueil des personnes vulnérables et de faciliter les retours volontaires vers les pays d’origine.
- Renforcement des actions de dissuasion contre les passages dangereux.
- Accroissement de la coopération avec des pays tiers sur la migration.
- Mise en place de centres multifonctions pour l’évacuation et l’accueil.
- Promotion de voies légales pour les travailleurs qualifiés et les scientifiques.
- Digitalisation des procédures et accélération des décisions.
En somme, l’UE cherche à réconcilier fermeté et attractivité : dissuader les itinéraires dangereux tout en offrant des alternatives légales et organisées. Les retours volontaires restent au cœur de cette approche, soutenus par des mesures diplomatiques et opérationnelles destinées à mieux contrôler les flux migratoires.