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Un an après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, plus de 64 000 personnes restent déplacées au Liban, incapables de regagner des maisons détruites ou situées en zones encore dangereuses. Malgré l’accord du 27 novembre 2024, le retour à la vie normale est loin d’être effectif pour des dizaines de milliers de familles, confrontées à des villages rasés, à des zones occupées et à des aides financières insuffisantes.
Un cessez-le-feu fragile et des violations récurrentes
Le cessez-le-feu devait mettre fin aux attaques transfrontalières, conduire au recul des forces et permettre le retour des habitants. Or, les frappes et les incursions israéliennes se sont poursuivies, et l’armée israélienne occupe toujours plusieurs points dans le sud du Liban.
En outre, des destructions ciblées ont empêché la reconstruction de certains villages. Selon les bilans locaux, depuis la fin du cessez-le-feu plus de trois cents personnes ont été tuées au Liban, dont de nombreux civils, tandis que des autorités libanaises ont recensé plusieurs milliers de violations de l’accord sur plusieurs mois.
- Déplacements massifs pendant le conflit : plus d’un million de personnes au plus fort des hostilités.
- Personnes encore déplacées : environ 64 000 selon l’Organisation internationale pour les migrations (chiffres d’octobre 2025).
- Décès et destructions : des centaines de morts depuis le cessez-le-feu et des villages réduits à l’état de ruines.
Villages rendus impraticables et peur du retour
Dans les zones proches de la frontière, certaines localités ont été en grande partie détruites, rendant le retour matériellement impossible. Les habitants racontent la psychose du trajet et la crainte d’être pris pour cible lors de déplacements sans escorte.
Des témoignages décrivent des maisons entièrement anéanties et des villages « rasés ». Beaucoup refusent de revenir tant que la sécurité n’est pas garantie et tant que la présence militaire étrangère ou des points de contrôle persistent sur le territoire libanais.
Par ailleurs, des acteurs humanitaires ont dénoncé des attaques visant le matériel de reconstruction, ce qui complique davantage les efforts de réhabilitation et freine le retour des déplacés.
Histoires de vies brisées
Ali, originaire d’un village de Bint Jbeil, a vu sa maison être détruite et s’est réfugié à Burj Qalaway. Un an après, il n’a toujours pas pu retourner chez lui et dit vivre dans la peur permanente d’une nouvelle attaque.
De même, Melina, originaire d’Odaisseh, explique ne pas pouvoir affronter l’état de son village, entièrement détruit, et évoque l’impossibilité de voyager sans protection militaire. Beaucoup expriment une profonde détresse psychologique face à la perte de leur patrimoine et de leurs repères.
À Beyrouth, des familles qui ont subi des bombardements ont dû financer elles-mêmes la plupart des réparations. L’aide publique reçue a été qualifiée d’insuffisante : certaines familles ont perçu une unique allocation modeste, loin du coût réel des reconstruccions.
Aides limitées et contraintes économiques
Les dispositifs d’assistance fournis par l’État et par des acteurs locaux ont été jugés largement insuffisants par de nombreux déplacés. Des mouvements et partis ont apporté des soutiens, mais les bénéficiaires témoignent d’arriérés, de versements inégaux ou de montants trop faibles pour couvrir la reconstruction.
Par ailleurs, la crise économique profonde que traverse le Liban — avec une monnaie lourdement dévaluée et des comptes bloqués — a réduit la capacité des ménages à auto-reconstruire. Ce contexte aggrave la vulnérabilité des déplacés et freine la relance des zones sinistrées.
Un avenir incertain pour des milliers de déplacés
Alors que la situation sécuritaire demeure instable et que la reconstruction est entravée, de nombreuses familles vivent dans l’attente et l’incertitude. Les témoignages recueillis font apparaître un sentiment d’abandon et la crainte d’une nouvelle escalade qui renverrait des populations au point de départ.
« La guerre brise le dos », confie l’un des déplacés rencontrés, résumant l’épuisement collectif après des mois de déplacements, de pertes et d’efforts pour survivre. Pour l’heure, la route vers un retour massif et durable semble encore longue pour les déplacés au Liban.