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Vapotage : l’ANSES alerte sur les risques pour la santé en France

par Lea
France

L’ANSES publie ce mardi 3 février une expertise sur les risques sanitaires du vapotage. Elle avertit que l’exposition répétée à des substances toxiques peut se produire même en l’absence de nicotine.

En France, plus de 6 % des adultes vapotent quotidiennement. À l’échelle nationale, selon l’ANSES et Santé publique France, cela représente plus de trois millions de personnes. Une pratique loin d’être marginale, d’autant plus que 74 % des vapoteurs adultes vapotent tous les jours et que 59 % utilisent la cigarette électronique depuis deux ans ou plus.

Face à ce recours massif au vapotage, l’ANSES alerte sur les risques sanitaires. Bien que le vapotage repose sur le chauffage d’un liquide sans combustion, cette absence de combustion n’exclut pas l’exposition à des substances toxiques. Le e-liquide forme des aérosols complexes lorsqu’il est inhalé. Au total, 1 775 substances ont été identifiées dans ces aérosols, et parmi elles 106 substances présentent un potentiel de risque particulièrement préoccupant.

La nicotine demeure centrale dans les usages. 79 % des vapoteurs ont de la nicotine dans leur e-liquide, note Carole Leroux, coordinatrice de l’expertise. Son rôle est clair: la nicotine agit comme moteur de l’addiction et, lorsqu’elle est consommée, elle stimule le circuit de la récompense, facilitant l’installation de la dépendance.

Pour comprendre l’évolution, l’agence rappelle que l’addiction n’émerge pas sans raison: son développement est lié à l’attractivité des produits. Les arômes, utilisés pour adoucir l’expérience, jouent un rôle important, la nicotine étant irritante et amère.

Sur le plan sanitaire, l’ANSES indique qu’il existe des risques pour les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et potentiellement la cancérogenèse, avec ou sans nicotine. Des risques existent aussi pour le développement cardio-respiratoire du fœtus exposé in utero.

Benoît Labarbe, chef de l’unité évaluation des produits du tabac, affirme sans détour: « Vapoter représente des risques pour la santé », quelles que soient les conditions d’usage.

Au vu de ces éléments, l’ANSES formule plusieurs recommandations. L’agence appelle à écarter toute action susceptible d’inciter au vapotage, en particulier envers les non-fumeurs et les jeunes. Pour les fumeurs, le vapotage ne peut être envisagé que de manière transitoire dans une trajectoire d’arrêt du tabac, et non comme une pratique durable.

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