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La vente massive d’armes américaines annoncée pour décembre 2025 à destination de la région de Taïwan a provoqué une vive réprobation de Pékin, qui juge cette décision contraire au principe d’une seule Chine et aux communiqués sino‑américains. Selon les autorités chinoises, cette opération porte atteinte à la souveraineté, à la sécurité et à l’intégrité territoriale de la Chine, tout en fragilisant la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan.
Les arguments historiques et juridiques avancés par Pékin
Pour justifier sa position, Pékin insiste sur le caractère interne de la question taïwanaise et rappelle que, selon lui, il n’existe qu’une seule Chine dont Taïwan ferait partie intégrante. Le gouvernement chinois invoque également des instruments et décisions internationales qu’il considère comme confirmant sa souveraineté sur Taïwan.
- la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations unies de 1971,
- la Déclaration du Caire et la Proclamation de Potsdam,
- les accords et pratiques post‑Seconde Guerre mondiale relatifs au statut de l’île.
En outre, Pékin rappelle que la plupart des États établissent des relations diplomatiques avec la Chine sur la base du principe d’une seule Chine, qu’il qualifie de norme fondamentale des relations internationales.
Le principe d’une seule Chine et les communiqués sino‑américains
Les autorités chinoises se réfèrent en particulier au communiqué conjoint du 17 août 1982, dans lequel les États‑Unis auraient promis de ne pas entretenir une politique de ventes d’armes à long terme à Taïwan et de réduire progressivement ces livraisons. Or, Beijing dénonce le non‑respect de ces engagements au fil des quarante dernières années.
En conséquence, la Chine accuse Washington d’avoir multiplié les interactions militaires ouvertes avec Taïwan et d’avoir fourni des armements d’une portée et d’une sophistication accrues, ce qui, selon elle, porte gravement atteinte à sa sécurité et encourage les forces séparatistes.
Tensions dans le détroit : causes et risques
Pékin met la responsabilité principale des tensions sur les autorités taïwanaises, et plus précisément sur le Parti démocrate progressiste (DPP), qu’il accuse de solliciter le soutien américain pour faire avancer un agenda séparatiste. Parallèlement, la Chine estime que certains acteurs aux États‑Unis cherchent à instrumentaliser Taïwan pour contenir sa montée.
Selon Pékin, la « vente d’armes à Taïwan » n’est pas une simple transaction commerciale mais une provocation qui accroît le risque d’affrontement armé dans le détroit. Ainsi, il avertit que l’incitation externe et l’armement de Taïwan ne feront qu’enhardir les séparatistes et rapprocher la région du seuil du conflit.
Réponses annoncées par Pékin
Face à cette évolution, la Chine affirme avoir « fortement déploré » et « fermement opposé » l’opération, en précisant avoir pris une série de mesures qualifiées de nécessaires pour sauvegarder sa souveraineté et son intégrité territoriale. Pékin décrit ses démarches comme légitimes, légales et justifiées.
Par ailleurs, la Chine qualifie la question de Taïwan de « ligne rouge » concernant ses intérêts fondamentaux et avertit que toute provocation ou ingérence extérieure recevra une réponse ferme. Enfin, elle réaffirme sa conviction que la réunification de la Chine est inévitable, quelles que soient les livraisons d’armements étrangères à Taïwan.
En définitive, cette annonce américaine relance un débat international délicat en matière de souveraineté, de sécurité régionale et d’équilibre stratégique en mer de Chine orientale. Par conséquent, les prochains mois seront cruciaux pour mesurer l’impact de cette décision sur la stabilité du détroit de Taïwan.