Accueil ActualitéVladimir Poutine : un milliardaire insaisissable et mystérieux

Vladimir Poutine : un milliardaire insaisissable et mystérieux

par Lea
France

Si Vladimir Poutine n’affiche aucun signe extérieur de richesse, sa fortune demeure colossale et largement bâtie sur des mécanismes opaques. Rien n’est déclaré à son nom : ce sont ses proches qui gèrent ses fonds. Lors d’une conférence de presse, un journaliste lui demande s’il est l’homme le plus riche d’Europe. Il répond que ce n’est pas le cas, mais qu’il est l’homme le plus riche du monde, grâce à la confiance du peuple russe accordée à deux reprises pour diriger le pays.

Tout commence au début des années 1990, après l’effondrement de l’Union soviétique et la transition chaotique vers l’économie de marché. Pour arrondir ses fins de mois, Poutine affirme être devenu chauffeur privé après les heures de travail, tout en exerçant comme fonctionnaire municipal à Saint-Pétersbourg et en découvrant l’étendue de la corruption. Face aux pénuries qui frappent la ville, son service est soupçonné d’avoir détourné plus de 110 millions d’euros ; toutefois, grâce au maire Anatoli Sobtchak, ami et ancien professeur, il échappe aux poursuites et gravit les échelons.

Une fois président, il met les oligarques à distance et fait taire les opposants d’un seul geste exemplaire. L’un des plus riches est Mikhail Khodorkovski, dirigeant du groupe pétrolier Ioukos et mécène de certains partis d’opposition. Condamné à neuf ans de prison pour fraude fiscale, il devient l’exemple destiné à dissuader toute contestation. Pour ceux qui soutiennent le maître du Kremlin par peur ou opportunité, les commandes publiques et l’exploitation des ressources énergétiques deviennent des sources d’enrichissement rapides.

Le récit évoque aussi l’enrichissement personnel de Poutine. Il serait lié à des datchas et à des yachts somptueux, notamment le Sheherazade long de 140 mètres, ainsi qu’à un palais gigantesque sur la mer Noire, de plus d’un milliard d’euros et d’environ 17 000 mètres carrés, décoré de dorures, avec salle de cinéma, patinoire et héliport. Selon ses adversaires, ce patrimoine serait financé par des détournements de fonds publics.

Alexeï Navalny, opposant numéro 1, présente ce portrait comme le résumé d’un homme obsédé par l’argent et le luxe, prêt à tout pour ses coffres remplis d’or. Poutine conteste ces accusations, dénonçant une manipulation destinée à laver le cerveau des Russes et affirmant que rien de ce qui est mentionné comme sa propriété ne lui appartient ni à ses proches. Il soutient aussi maintenir son image d homme sobre afin de préserver le pouvoir.

Des proches tirent eux aussi profit du système. Son gendre devient milliardaire grâce à des parts dans des entreprises stratégiques, et sa maîtresse, la gymnaste Alina Kabaeva, est nommée à la tête du National Media Group, le plus grand groupe médiatique pro-Kremlin, avec un salaire annuel estimé à plusieurs millions d’euros. Des voix comme celle du journaliste Sergey Ezhov, du média The Insider, évoquent des chiffres allant jusqu’à 17 millions d’euros par an.

Des prête-noms veillent sur sa fortune. Le violoncelliste Sergueï Roldouguine, ami d’enfance et parrain de l’une des filles de Poutine, figure parmi eux. Les Panama Papers révèlent que deux milliards d’euros dorment sur des comptes offshore à son nom ; les enquêteurs estiment qu’ils pourraient appartenir à Poutine, démenti par le président qui affirme gagner de l’argent pour acheter des instruments de musique à l’étranger et les rapporter en Russie.

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire