Plus de 80 personnes ont été tuées depuis jeudi dans les affrontements opposant les forces gouvernementales yéménites aux houthis, d’après des sources des deux camps citées par l’AFP. Dans l’ouest du pays, les violences ont aussi touché des civils : des médias gouvernementaux font état de victimes après le tir d’un missile balistique contre un restaurant près du carrefour de Mokha.
Aucun bilan officiel consolidé n’avait toutefois été publié au moment des informations rapportées par Al Jazeera. Les chiffres disponibles viennent de responsables militaires et de sources médicales situées de part et d’autre de la ligne de front ; ils dessinent une séquence de combats qui s’étend de Taëz au littoral occidental.
Un bilan fragmenté, dans une journée de combats et de tirs
Un responsable militaire yéménite, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que 24 membres des forces gouvernementales avaient été tués près de la côte ouest. Un autre responsable a fait état de 15 morts supplémentaires dans les affrontements autour de Taëz. Dans les zones sous contrôle houthi, des sources médicales ont rapporté la mort d’au moins 42 combattants.
Cette addition dépasse 80 morts, mais elle ne constitue pas un décompte officiel unique. La prudence reste d’autant plus nécessaire que les informations sur le restaurant visé près de Mokha ne donnaient pas de chiffre précis pour les victimes civiles. La frappe est attribuée aux houthis par les médias gouvernementaux yéménites.
À Taëz, les forces gouvernementales disent avoir contenu une offensive
Les forces gouvernementales ont affirmé avoir repoussé, vendredi à l’aube, une attaque de grande ampleur menée par les houthis sur leurs positions du front est de Taëz. Selon une source militaire du commandement local citée par Al Jazeera, les affrontements ont duré une partie de la nuit et de la matinée, notamment autour d’al-Tachrifat, du palais républicain et du quartier al-Daawa.
Le même responsable présente l’ouverture de nouveaux axes de combat à l’est et au nord de la ville comme une tentative de disperser les forces gouvernementales et de peser sur les fronts de Maqbana et d’al-Kadha. Ces affirmations proviennent du camp gouvernemental et n’étaient pas accompagnées d’une réaction officielle des houthis.
Le littoral occidental reste au cœur de la pression militaire
Dans le district d’al-Kadha, les forces gouvernementales disent avoir repris le mont al-Numan quelques heures après sa capture par les houthis. Elles soulignent sa position dominante sur les routes entre l’arrière-pays de Taëz et le littoral occidental. Plus au nord, des échanges d’artillerie et des combats ont également été rapportés vers Hays et le sud d’al-Tuhayta.
Cette géographie explique l’intensité des affrontements : la zone relie les fronts terrestres aux approches de Mokha et aux accès vers le détroit de Bab el-Mandeb. Les combats sont toujours en cours, notamment sur les fronts occidentaux de Taëz, selon les éléments recueillis par Al Jazeera.
Une escalade qui a repris depuis le début de l’été
Les affrontements s’inscrivent dans une reprise des hostilités observée depuis le début juillet dans plusieurs provinces, dont Marib, al-Jawf, al-Dhalea et Taëz. Cette phase rompt avec l’accalmie installée à partir d’avril 2022, après des années de guerre entre le gouvernement yéménite et les houthis, qui contrôlent notamment Sanaa.
Pour les habitants de l’ouest yéménite, l’épisode du restaurant près de Mokha rappelle que les conséquences des combats dépassent les positions militaires. Tant qu’aucune autorité ne publie de bilan consolidé, le nombre et le statut des victimes doivent être considérés comme provisoires.
Sources
Al Jazeera — « قتلى بقصف حوثي لمطعم بالمخا واشتباكات دامية غربي اليمن » — 4 septembre 2026