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Les récents développements au Yémen se sont accélérés ces dernières heures : une enquête judiciaire contre l’ancien leader du Conseil de transition du Sud, des destitutions au sein du Conseil de leadership présidentiel et la démission du gouvernement ont profondément modifié l’équilibre politique du pays.
Ouverture d’une enquête contre Aidrous Al-Zubaidi
Le procureur général yéménite, Qaher Mustafa, a ordonné la formation d’une commission chargée d’enquêter sur les faits reprochés à Aidrous Al-Zubaidi, ancien chef du Conseil de transition du Sud. Les accusations portées contre lui sont graves et visent notamment la haute trahison et la formation de groupes armés.
Parmi les griefs figurent également des accusations de meurtres visant des officiers et des soldats, l’exploitation de la cause sudiste au détriment des civils, la destruction d’installations militaires et des atteintes aux institutions constitutionnelles et à la souveraineté nationale.
Cette enquête fait suite à la décision du président du Conseil de leadership, Rashad Al-Alimi, de retirer la qualité de membre du Conseil à Al-Zubaidi et de le renvoyer au parquet pour être poursuivi. Par ailleurs, des images et déclarations circulant sur les réseaux ont alimenté les tensions, et des responsables ont indiqué qu’Al-Zubaidi avait quitté Aden début janvier après la reprise de certains sites par les forces gouvernementales.
- Accusations principales : haute trahison, constitution de bandes armées, violences contre civils et forces armées.
- Conséquence immédiate : ouverture d’une enquête judiciaire officielle.
La situation de Faraj al-Bahsani
Faraj Salem Al-Bahsani, vice-président du Conseil de transition du Sud et ancien membre du Conseil de leadership présidentiel, apparaît au centre des soupçons concernant les dernières manœuvres du mouvement séparatiste.
La présidence l’accuse d’avoir soutenu des actions unilatérales, notamment le déploiement de forces hors de la province de Hadramawt pour attaquer les institutions locales, ce qui a été qualifié de rébellion armée en dehors du cadre de l’État.
En réponse, Al-Bahsani a rejeté la décision de le démettre comme étant inconstitutionnelle et contraire à l’accord de transfert de pouvoir. Il a dénoncé un acte unilatéral, affirmant ne pas avoir bénéficié d’enquête, de mise en cause formelle ou du droit de se défendre.
Remplacements au sein du Conseil de leadership
Pour combler les sièges laissés vacants, le président du Conseil de leadership a nommé deux nouveaux membres : le général Mahmoud Ahmed Salem Al-Subaihi et le Dr Salem Ahmed Saeed Al-Khanbashi.
Le Dr Al-Khanbashi conserve par ailleurs ses fonctions de gouverneur de la province de Hadramawt. Ces nominations s’appuient sur la déclaration de transfert de pouvoir de 2022 et sur les règles internes encadrant le fonctionnement du Conseil.
Le remplacement vise à stabiliser l’organe exécutif après l’ouverture d’enquêtes et la destitution de membres accusés d’avoir failli à leurs obligations constitutionnelles.
Démission du gouvernement et mission de former une nouvelle équipe
Au milieu de ces remaniements, le Premier ministre Salim bin Breik a présenté la démission de son gouvernement au président du Conseil de leadership. Cette décision a été expliquée comme une volonté de permettre la formation d’une nouvelle équipe adaptée aux récents changements politiques.
Le président Al-Alimi a chargé Shaya’ Mohsen Al-Zandani, ministre des Affaires étrangères, de constituer le prochain gouvernement. L’objectif affiché est d’accompagner les transformations en cours et de répondre aux enjeux sécuritaires et politiques du pays.
Contexte militaire et diplomatique
Les tensions ont augmenté depuis des affrontements début décembre entre les forces du Conseil de transition du Sud et les forces gouvernementales appuyées par la coalition de soutien à la légitimité. Dans ce contexte, les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait et des zones brièvement contrôlées par le mouvement séparatiste, comme Hadramawt et Al-Mahrah, ont été reprises par des unités pro-gouvernementales.
Plusieurs autorités locales ont salué le retour des forces gouvernementales dans des provinces du sud, tandis que la diplomatie régionale, notamment l’Arabie saoudite, a appelé à la tenue d’un forum rassemblant les composantes du Sud pour proposer des solutions globales à la question méridionale.
Ces mouvements illustrent une recomposition rapide du paysage politique yéménite, entre procédures judiciaires, réaffectations institutionnelles et tentatives de rétablir l’autorité de l’État. La suite dépendra désormais du déroulement de l’enquête et de la capacité du nouveau gouvernement à apaiser les tensions sur le terrain.